Actualisé 19.03.2013 à 17:55

IrakDix ans après l'invasion, la violence règne

L'Irak, qui s'apprête à marquer le dixième anniversaire de l'invasion par les Etats-Unis, est toujours en proie à la violence. Mardi, 50 personnes sont mortes dans des attentats à Bagdad.

Des attentats suicides et l'explosion de plusieurs voitures piégées ont fait au moins 50 morts mardi à Bagdad.

Des attentats suicides et l'explosion de plusieurs voitures piégées ont fait au moins 50 morts mardi à Bagdad.

L'explosion de plusieurs voitures piégées et des attentats suicides ont fait plus de 60 morts dans des quartiers chiites de Bagdad mardi. Ces violences montrent l'instabilité politique qui règne toujours en Irak. Le pays s'apprête à marquer les dix ans de son invasion par les Etats-Unis et ses alliés.

La situation hautement instable a poussé le gouvernement à reporter de «six mois au maximum» dans deux provinces majoritairement sunnites les élections provinciales prévues le 20 avril.

Ninive et Anbar sont le théâtre depuis fin décembre de manifestations qui réunissent chaque vendredi plusieurs milliers de sunnites, furieux de la «marginalisation» dont ils s'estiment victimes de la part du gouvernement du chiite Nouri al-Maliki.

Journée sanglante

Les attaques de mardi, pour la plupart perpétrées au moyen de voitures piégées, ont blessé 174 personnes. Il s'agit de la journée la plus sanglante depuis le 9 septembre dernier.

Au total, quinze voitures piégées, un attentat commis à l'aide d'un engin improvisé et plusieurs assassinats ciblés ont ensanglanté le pays. Plusieurs quartiers de la capitale ainsi que la ville d'Iskandariya, à 50 km au sud de Bagdad, ont été touchés. Aucun des attentats n'a été revendiqué. Des responsables hospitaliers ont fait état de 160 blessés.

Des rebelles sunnites liés à Al Qaïda multiplient depuis le début de l'année les attaques contre la communauté chiite, majoritaire en Irak. Les tensions confessionnelles persistent dans le pays après avoir été exacerbées par l'intervention militaire des Etats-Unis en 2003.

Dans cette guerre, les Etats-Unis ont perdu 4486 soldats, le Royaume-Uni 179, selon le site spécialisé icasualties.org. Le plus lourd tribut a cependant été payé par la population civile irakienne. Selon l'ONG Iraq Body Count, au moins 112'000 civils ont péri dans les violences depuis 2003.

Violences confessionnelles

Menée il y a 10 ans, l'intervention militaire des Etats-Unis, appuyés par quelques alliés, a rapidement entraîné la chute de Saddam Hussein, issu de la minorité sunnite.

Malgré des accords de partage du pouvoir entre chiites, sunnites et Kurdes, l'Irak a ensuite basculé dans un cycle de violences confessionnelles qui a fait des dizaines de milliers de morts, en particulier dans la période 2006-2007.

Le pays reste fragilisé par une rébellion sunnite persistante et de fortes tensions entre les différentes communautés. Observateurs et diplomates voient toutefois dans le conflit larvé que se livrent Bagdad et la région autonome du Kurdistan irakien la plus grande menace pour la stabilité du pays.

Tensions politiques

Le pays doit également faire face à une grave crise politique. Mardi, les cinq ministres du mouvement de l'influent clerc chiite irakien Moqtada Sadr ont décidé de suspendre leur participation au conseil des ministres en réponse à l'appel lancé par leur leader.

Le geste des élus et ministres sadristes aggrave encore un peu plus la crise politique dans laquelle l'Irak est embourbé. M. Maliki doit affronter le feu roulant des critiques de ses alliés gouvernementaux qui l'accusent d'accaparer le pouvoir. (ats/afp)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!