Syrie: Dix civils tués par les forces de sécurité à Homs
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SyrieDix civils tués par les forces de sécurité à Homs

Dix civils ont été tués dimanche matin par les forces de l'ordre à Homs, dans le centre de la Syrie, au premier jour de la fête musulmane de l'Aïd Al-Adha.

Huit civils ont été tués par les forces de sécurité dans différents quartiers de Homs, notamment à Baba Amro, dont le pilonnage se poursuivait depuis plusieurs jours, a précisé l'OSDH dans un communiqué.

En outre, deux civils ont péri sous les balles des forces de sécurité dans les villes de Hama et d'Idleb, dans le nord du pays.

«Quatre manifestants ont été blessés dont un grièvement, par les forces de sécurité qui ont tiré sur une manifestation» dimanche matin à Talbissé, près de Homs, selon la même source.

Les forces armées et de sécurité sont également intervenues à Zamalka et Irbine, dans la province de Damas, ont ajouté les Comités de coordination locaux (LCC), qui chapeautent les manifestations en Syrie.

Le président Assad a assisté à la prière de l'Aïd Al-Adha (fête du sacrifice) dimanche matin à la Mosquée al-Nour de Raqqa dans le nord de la Syrie, a rapporté la radio officielle syrienne.

Dans de nombreuses villes du pays, cette prière a été suivie par des défilés parfois massifs pour soutenir Homs et appeler à la chute du régime, selon l'OSDH et les LCC.

Les forces de sécurité ont dispersé à coups de gaz lacrymogène et en tirant en l'air une manifestation à Damas dans le quartier de Kafar Soussé. Cinq manifestants ont été blessés et plus de soixante dix personnes ont été arrêtées, dont trente manifestants, dans ce quartier, a rapporté l'OSDH.

D'autre part, les détenus de conscience ont entamé dimanche une grève de la faim dans les prisons syriennes «pour protester contre le régime qui n'a pas tenu ses promesses mensongères de les libérer», selon l'OSDH.

Samedi, le régime syrien a annoncé la libération de plus de 550 personnes arrêtées dans le cadre de la contestation, un premier signe de mise en application du plan arabe de sortie de crise. Mais les opérations sécuritaires ont fait près d'une soixantaine de morts depuis que Damas a officiellement accepté le plan le 2 novembre.

L'annonce des libérations est intervenue après une mise en garde de la Ligue arabe qui a appelé le régime du président Assad à appliquer «immédiatement» son plan en Syrie, prévenant d'une «catastrophe» si les violences continuaient.

Le plan prévoit l'arrêt des violences, la libération des personnes arrêtées dans le cadre de la contestation, le départ de l'armée des villes et la libre circulation des observateurs et médias internationaux, avant l'ouverture d'un dialogue entre le régime et l'opposition.

Mais le Conseil national syrien (CNS), qui regroupe la majorité de l'opposition syrienne, continue de réclamer le départ de M. Assad et rejette tout dialogue avec le pouvoir.

Selon l'ONU, plus de 3000 civils ont été tués et des milliers d'autres arrêtés en Syrie depuis le début du mouvement de contestation à la mi-mars. (afp)

«Plus rien à attendre» du régime syrien

Le chef de la diplomatie française Alain Juppé a déclaré dimanche qu'il n'y a «plus rien à attendre» du régime syrien de Bachar al-Assad.

«Je pense personnellement qu'on n'a plus rien à attendre de ce régime et que malgré ses annonces de temps en temps, il ne s'engagera pas dans un programme de réformes», a déclaré le ministre des Affaires étrangères sur la radio "Europe 1".

«Différentes initiatives ont été prises pour essayer d'amener Bachar al-Assad au dialogue. Vous avez vu la dernière: Bachar al-Assad accepte le plan de la Ligue arabe et le lendemain, il massacre encore des dizaines de personnes dans la rue», a affirmé Alain Juppé.

Le plan de la Ligue arabe, proposé il y a une semaine, prévoit un arrêt total des violences, la libération des personnes arrêtées dans le cadre de la répression, le départ de l'armée des villes et la libre circulation des observateurs et médias internationaux, avant l'ouverture d'un dialogue entre le régime et l'opposition.

«L'opposition a bien compris qu'il n'y avait pas d'issue. Donc ça va être long et difficile. Je regrette beaucoup ce qui se passe et ce n'est pas à l'honneur des Nations unies», a commenté Alain Juppé.

Un projet de résolution au Conseil de sécurité de l'ONU a été bloqué début octobre par un double veto des Russes et des Chinois. «Il y a une faillite du Conseil de sécurité», a regretté le ministre français.

Rappelant que l'Europe avait pris des sanctions puis les avaient durcies, il a ajouté: «Nous n'avons pas été suivis au Conseil de sécurité parce qu'un certain nombre de puissances s'y sont opposées. Nous continuerons».

«Jamais la France ne s'engagera dans un opération militaire s'il n'y a pas de mandat des Nations unies. Or il est évident qu'aujourd'hui il n'y aura pas de mandat des Nations unies» pour une intervention en Syrie, a poursuivi M. Juppé.

«Nous parlons à l'opposition, nous essayons de les aider à s'organiser, à se structurer», a-t-il ajouté.

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