Cameroun: Dix membres d'équipage d'un bateau français enlevés
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CamerounDix membres d'équipage d'un bateau français enlevés

Dix employés du secteur pétrolier, dont six Français, ont été enlevés vendredi dans les eaux camerounaises à la frontière du Nigeria.

Leurs ravisseurs, des rebelles aux motivations floues, menacent de les tuer à partir de lundi.

«Ils sont en bonne santé. Ils seront bien traités, mais leurs conditions se détérioreront dans trois jours. Je commencerai à les tuer un par un à partir de lundi», a affirmé à l'AFP le «brigadier» Akipee du groupe rebelle camerounais qui a revendiqué leur enlèvement, les Bakassi Freedom Fighters (BFF), joint depuis Libreville.

Pas de contacts

Dans un communiqué, les autorités camerounaises ont affirmé avoir tout mis en oeuvre pour préserver la vie des otages et pour identifier leurs ravisseurs. Elles ont évoqué un «groupe d'hommes armés» et des «individus non identifiés», sans citer les BFF.

Paris n'est pas en contact avec les ravisseurs, a déclaré pour sa part le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner. «Nous sommes en contact avec le gouvernement camerounais, avec un certain nombre d'interlocuteurs, mais nous ne sommes pas en contact avec les rebelles», a-t-il précisé à la radio Europe 1.

Quant au Mouvement pour l'émancipation du delta du Niger (MEND), le principal groupe armé du delta du Niger, dans le sud du Nigeria, il s'est dit prêt à user de son «influence» pour aider à faire libérer les otages. Il a toutefoi nié tout lien avec les ravisseurs.

Des précédents

Les dix otages sont membres de l'équipage d'un navire du groupe français Bourbon opérant sur un terminal pétrolier. Les rebelles ont attaqué dans la nuit de jeudi à vendredi le bateau de service qui relie les plateformes pétrolières du secteur où opère Total.

La péninsule de Bakassi, dont les eaux sont potentiellement riche en pétrole et gaz, est une région de mangrove instable et infestée de groupes armés. Elle a été rétrocédée au Cameroun par le Nigeria le 14 août après quinze ans d'un différend frontalier.

Plusieurs incidents ont opposé ces derniers mois les forces camerounaises à des groupes armés à Bakassi. Depuis novembre, vingt- huit militaires, un sous-préfet et une vingtaine d'»assaillants» ont été tués dans la péninsule dans des attaques de ces groupes dont les motivations restent floues.

(ats)

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