Grand Conseil Vaudois: Dix millions pour un nouveau système informatique, un montant qui gêne

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Grand Conseil VaudoisDix millions pour un nouveau système informatique, un montant qui gêne

La plateforme de gestion des permis de construire vaudois doit être renouvelée. Le Canton veut repartir à zéro au prix fort, alors que d’autres cantons réutilisent son ancien système à moindres coûts.

par
Pauline Rumpf
Le Grand Conseil doit se prononcer ce mardi sur le projet de crédit.

Le Grand Conseil doit se prononcer ce mardi sur le projet de crédit.

Robin Baudraz

Alors que toutes les administrations publiques passent plus ou moins rapidement aux services en ligne, un projet vaudois cause des remous en raison du coût important proposé au Grand Conseil lors d’un vote prévu ce mardi. Le Canton demande en effet un crédit de plus de 10 millions de francs pour faire naître de zéro un logiciel de traitement des permis de construire destiné à remplacer le système actuel. Celui-ci ne serait plus adapté aux besoins, juge l’administration, qui estime qu’«aucune solution clés en main» n’existe aujourd’hui pour le remplacer.

Mais le montant interpelle, notamment au regard des budgets investis par les autres cantons pour des programmes du même type: un peu plus de 3 millions pour Fribourg et la même chose pour le Valais, qui vient d’ailleurs d’adopter une version à jour de la solution Camac. Or il s’agit justement du système adopté par les Vaudois, alors pionniers, il y a plus de vingt ans, et qu’il compte abandonner aujourd’hui. Genève, qui crée aussi sa solution de toutes pièces, s’en sort avec un investissement de départ de 7,8 millions. L’augmentation vertigineuse des frais de fonctionnement prévus, de 400’000 fr. aujourd’hui à plus de 1 million par an, pose également des questions.

Des solutions de rechange

Un citoyen, interpellé, a d’ailleurs envoyé il y a quelques semaines un courrier à tous les députés pour les mettre en garde avant le vote. Le document a déclenché l’établissement d’un rapport complémentaire. Pourquoi, questionne-t-il, avoir choisi de repartir à zéro alors que des solutions moins chères semblent exister, notamment d’investir dans une version à jour de la plateforme actuelle? D’autant que le projet ne répond qu’à une petite partie des récentes recommandations de la Cour des comptes.

Sollicité, le Canton évoque une obsolescence technique de sa méthode Camac. Il balaie la comparaison intercantonale en invoquant des réglementations trop différentes et rappelle l’ampleur des travaux nécessaires pour intégrer le logiciel dans son propre «écosystème informatique». Mais, assure-t-il, le crédit prévoit un appel d’offres qui devrait laisser la porte ouverte à des solutions moins chères que ce qui était budgété.

La hausse des frais de fonctionnement, elle, est attribuée à «l’accroissement des exigences en termes d’infrastructure et de sécurité», mais aussi à la mise en place d’une cyberadministration dématérialisée, précise l’Etat de Vaud. Sondés, les Cantons de Genève, Fribourg et Valais jugent eux aussi qu’il est difficile de comparer, tant les réalités cantonales sont différentes.

Externalisation massive

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