Actualisé 11.11.2008 à 19:58

Piratages

Dix otages d'une société française libérés au Cameroun

Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a annoncé mardi la libération des dix marins de la société Bourbon -sept ressortissants français, deux Camerounais, un Tunisien-, pris en otage le 31 octobre au large de la presqu'île de Bakassi au Cameroun.

Le groupe, libéré dans l'après-midi, est arrivé mardi soir à Yaoundé, où le président camerounais Paul Biya devait les recevoir, a précisé Eric Chevallier, porte-parole du Quai d'Orsay à Paris. Les anciens otages rentreront ensuite en France mercredi «à la première heure».

«Nous avons une équipe médicale du centre de crise des affaires étrangères qui est sur place pour leurs donner les premiers soins» au cas où ce serait utile, a ajouté Eric Chevallier. Mais en principe, les otages sont en bonne santé.

L'enlèvement avait été revendiqué le 31 octobre par la milice du Conseil de sécurité et de défense du Delta du Niger, dirigée par le commandant Ebi Dari. Ce dernier avait un temps menacé de tuer ses otages un par un, avant de revenir sur ces déclarations.

«L'Etat français n'a pas payé de rançon, en revanche il y a eu des discussions entre les autorités camerounaises et les preneurs d'otages, et c'est grâce à ce travail des autorités camerounaises, que nous avons appuyé, qu'ils ont pu être libérés».

Sains et saufs

«Il n'y a pas eu d'offensive», a assuré M. Chevallier. Selon lui, les motivations des ravisseurs étaient «de nature plutôt politiques, elles n'étaient pas de nature financière». Les otages «seront reçus par (la secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme) Rama Yade au nom des autorités françaises», a-t-il par ailleurs annoncé.

Dans un communiqué, Bernard Kouchner avait auparavant remercié les autorités camerounaises et en particulier Paul Biya et sa «mobilisation constante», ainsi que «les autorités nigérianes». Nicolas Sarkozy a pour sa part exprimé son «vif soulagement», et «s'associe pleinement à la joie de leurs familles, de leurs proches et de la société Bourbon», précise l'Elysée dans un communiqué.

Les otages ont été libérés mardi après-midi (heure française) au large de la presqu'île de Bakassi et leurs familles prévenues vers 16 heures, heure française, a-t-on appris de source diplomatique.

Christa Roqueblave, porte-parole de Bourbon jointe par l'Associated Press, a confirmé que les otages étaient «en bonne santé». D'après la porte-parole, qui n'a fourni aucune date, «les deux collaborateurs camerounais vont rejoindre leurs familles et les huit autres vont regagner la France».

Abordage

«Bien évidemment, nous sommes contents» de leur libération, a déclaré Christa Roqueblave, remerciant les «personnes qui ont accordé leur soutien et à l'ensemble des personnes qui ont contribué au dénouement heureux de cette situation, notamment les autorités locales camerounaises, et le ministère français des Affaires étrangères».

Le 31 octobre, aux alentours de minuit, des individus armés avaient abordé le «Bourbon Sagitta», au large de la presqu'île de Bakassi, avant de repartir avec dix membres d'équipage, selon la société spécialisée dans les services maritimes, selon laquelle l'attaque n'a fait aucun blessé. Le remorqueur était présent en support d'une opération de chargement de brut sur un champ pétrolier au large des côtes de Bakassi.

A la suite de l'enlèvement des dix marins de la société Bourbon, le chef des ravisseurs, Ebi Dari, avait expliqué que son groupe ne souhaitait pas que des entreprises pétrolières opèrent dans la péninsule de Bakassi, riche en pétrole.

Le Cameroun a pris le contrôle de Bakassi en août après la signature d'un accord de paix avec le Nigeria qui avait été très difficile à conclure. Cependant, des milices, dont le Conseil de sécurité et de défense du Delta du Niger, continuent depuis de perpétrer des attaques de petite envergure contre les troupes gouvernementales. (ap)

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