Actualisé 09.07.2020 à 10:56

ÉMEUTES à Belgrade

Dix policiers blessés, combien de manifestants?

Le ministre serbe de l'Intérieur a dénoncé une «violence à l'état pur».

Dix policiers ont été blessés dans les heurts, mercredi soir à Belgrade, entre manifestants furieux de la gestion par les autorités de la crise du coronavirus et la police, a annoncé le ministre de l'Intérieur Nebojsa Stefanovic.

«Dix policiers ont été blessés, dont l'un a eu les deux jambes fracturées», a déclaré le ministre à la presse dans la nuit de mercredi à jeudi, dénonçant une «violence à l'état pur».

Des sources médicales, citées par le chaîne N1, font état de 19 policiers et 17 manifestants blessés.

Des manifestants s'étaient rassemblés devant le Parlement mercredi pour protester contre l'annonce la veille par le président Aleksandar Vucic de la réintroduction d'un couvre-feu intégral durant le weekend afin de lutter contre une résurgence de la pandémie.

Après des manifestations mardi soir, le président avait fait machine arrière, déclarant que la décision finale sur la question reviendrait à son gouvernement, sans calmer les esprits.

La grogne a gagné mercredi d'autres villes de Serbie, Novi Sad (nord), Nis (sud) et Kragujevac (centre), où les locaux du Parti serbe du progrès (SNS) de M. Vucic ont été vandalisés.

A Novi Sad et Kragujevac, la police a dû tirer des gaz lacrymogènes pour disperser les protestataires, selon les médias locaux.

Les manifestants reprochent aux autorités d'avoir favorisé une deuxième vague de l'épidémie en levant rapidement le confinement pour pouvoir organiser les élections du 21 juin largement remportées par le SNS.

Journaliste passé à tabac

Comme mardi, les manifestations de mercredi soir ont donné lieu à des débordements. Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent au moins une dizaine de policiers anti-émeutes frapper violemment un jeune homme qui est à terre (voir vidéo ci-dessus).

Par ailleurs, l'agence Beta a rapporté qu'un de ses journalistes a été passé à tabac par la police alors qu'il s'était identifié comme appartenant à la presse.

Aleksandar Vucic a, de son côté, dénoncé la «violence politique la plus brutale des dernières années» qui «nuit à l'image de marque de la Serbie» au moment où doivent reprendre les négociations sur la normalisation de ses relations avec le Kosovo, son ex-province à majorité albanaise qui a proclamé son indépendance en 2008.

Le président serbe doit se rendre jeudi à Paris pour des entretiens avec Emmanuel Macron avant un sommet en visioconférence vendredi avec notamment le Premier ministre kosovar Avdullah Hoti, le président français et la chancelière Angela Merkel. L'objectif est de «relancer le dialogue» entre Belgrade et Pristina.

(AFP)

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