Actualisé 24.02.2016 à 12:18

FranceDjibril Cissé en aura vu de toutes les couleurs

L'ancien attaquant de l'équipe de France a tenté un énième retour à la compétition, mais Auxerre n'a pas voulu de lui. Retour sur sa carrière en sa compagnie.

von
Robin Carrel
Djibril Cissé lors de son passage à la Lazio.

Djibril Cissé lors de son passage à la Lazio.

photo: Keystone/AP/Antonio Calanni

Surprise en début de semaine! Alors que Djibril Cissé avait annoncé sa retraite sportive en octobre dernier, après un passage raté à la Jeunesse sportive saint-pierroise, sur l'Ile de la Réunion, des journaux français ont évoqué un appel du pied de sa part pour effectuer une pige à l'AJ Auxerre, le club de ses grands débuts en Ligue 1. Des espoirs bien vite douchés par Guy Cotret, le président de l'équipe locale.

«Il a mis fin à sa carrière et sort d'une grosse opération de la hanche. J'imagine mal que l'on puisse rouvrir ce dossier, a indiqué l'homme fort de l'AJA dans les colonnes de l'Yonne Républicaine. S'il a la volonté de revenir à l'AJA dans un rôle auprès des dirigeants, pourquoi pas. J'apprécie l'idée que d'illustres anciens veuillent revenir au club. Mais comme joueur, c'est improbable.» Dans la foulée, l'ancien attaquant de l'OM publiait deux tweets pour regretter ce choix. «Dommage, merci à tous les fans de l'AJA, même si j'ai toujours dit que je voulais mettre 100 buts en L1, a notamment gazouillé l'homme aux 95 réalisations dans l'élite française. Mais bon, Auxerre sera toujours dans mon cœur, donc je ne veux plus entendre parler d'un retour.»

Il aura vu du pays

Il y a quelques semaines, Djibril Cissé était de passage à Lausanne, histoire de se produire comme DJ dans un club de la capitale vaudoise. Après avoir évoqué son nouveau passe-temps avec 20 minutes, il a pris quelques instants pour revenir sur les moments forts d'une vie riche en rebondissements. D'Auxerre à La Réunion, il est aussi passé par Liverpool, Marseille, Sunderland, le Panathinaïkos, la Lazio, QPR, Al-Gharafa au Qatar, le Kuban Krasnodar en Russie et le SC Bastia. De quoi voir du pays…

«Tous ces clubs, c'est d'abord de nombreuses façons de voir le football et d'y jouer. Différentes manières de faire, différents coaches… C'est toujours bien de voyager, de voir ce qui se passe ailleurs et comment les gens vivent ce sport», se félicite-t-il. En prime, l'attaquant peroxydé a eu la chance de vivre quelques-unes des meilleures ambiances du Vieux Continent à Marseille, Liverpool, Rome ou encore en Grèce. «Oui, j'ai toujours eu droit à des fans fervents et d'excellentes relations avec eux. C'est ce qui est le plus important.»

Finale de dingue

C'est chez les Reds, où il est arrivé alors qu'il n'était âgé que de 23 ans, qu'il a vécu son moment le plus fou. La célèbre finale de Champions League gagnée à Istanbul, face à l'AC Milan, après un match totalement dingue (4-3 tab, après avoir été mené 3-0 à la mi-temps. Voir vidéo ci-dessous). Il a joué pendant 35 minutes et marqué un tir au but lors de la série décisive. «C'est le meilleur instant de ma carrière footballistique. Des joueurs qui gagnent des Ligue des Champions, il n'y en a pas beaucoup. Et surtout de cette manière… C'était incroyable!», vibre-t-il encore aujourd'hui.

Reste que son séjour en Angleterre ne restera pas comme un long fleuve tranquille. La faute aux blessures (il s'est notamment les deux jambes en 2004 et 2006) et aux choix d'un coach, Rafael Benitez, qui l'a régulièrement exilé sur le flanc droit. «C'est la loi du football, assure-t-il. Mais j'ai quand même gagné trois trophées avec les 'Reds': la Champions League, une Cup et une Super Coupe. En deux ans, ce n'est pas si mal. Ça restera un beau passage.»

L'amour du Bleu

C'est en «Bleu» que Cissé a pris le plus de plaisir. Le buteur a participé à deux Coupes du monde et aurait pu en compter plus sur son CV si une suspension et ses jambes l'avaient laissé un peu plus tranquille. En prime, il avait souvent à faire à une lourde concurrence, étant de la génération des Henry, Trézéguet et compagnie. «C'est la vie, philosophe-t-il. Chacun se bat pour être No 1. Il y a ensuite un No 2. Et il n'y a pas de No 3… J'ai adoré ce maillot-là, avec ou sans tout ce qui m'est arrivé. J'aurais pu jouer trois Mondiaux, mais je suis fier de ma carrière.» En revanche, ne le lancez pas sur le désastre de l'Afrique du Sud en 2010. Il sait éviter le sujet aussi bien qu'il filait dans le dos des défenses adverses à l'époque.

Finalement, la plus grande reconnaissance qu'il a connue vient du public français. Qu'il fasse une apparition au Stade de France avant un match de la sélection ou qu'il vienne donner le coup d'envoi d'une partie de l'OM au Vélodrome, ce fils d'un ancien international ivoirien reçoit à chaque fois une chaude ovation. «Ça veut dire que tu as fait du bon boulot et que les gens l'ont vu. C'est important et le contraire m'aurait fait mal au cœur.» Qu'il se rassure.

La finale de 2005:

Sa blessure de 2004:

Sa blessure de 2006:

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