Actualisé 03.03.2008 à 13:42

Dmitri Medvedev, nouveau tsar de Russie

Le nouveau président russe Dmitri Medvedev a obtenu 70% des voix à la présidentielle, selon des résultats officiels partiels.

Il a assuré que sa politique s'inscrirait dans le prolongement direct de celle menée par Vladimir Poutine.

Le successeur désigné du président sortant est crédité de 70 % des voix, a annoncé lundi la Commission électorale centrale après dépouillement de 90 % des bulletins. Il s'approche ainsi du score de M. Poutine, élu avec 71,31 % des voix en 2003.

Le candidat communiste Guennadi Ziouganov arrive en deuxième position avec 17,9 %, suivi de l'ultranationaliste Vladimir Jirinovski (9,5 %) et d'Andreï Bogdanov, un obscur candidat favorable à l'entrée de la Russie dans l'Union européenne (1,2 %).

Pas de tensions

Dmitri Medvedev, 42 ans, prendra ses fonctions le 7 mai et un remaniement ministériel est improbable avant cette date, a précisé le secrétaire général du Kremlin Sergueï Sobianine.

Ce scrutin contesté, critiqué comme étant joué d'avance, ouvre la voie à un tandem au sommet de l'Etat avec Vladimir Poutine en futur Premier ministre.

Face à la perspective de cette situation politique inédite, M. Medvedev a tenu à assurer devant la presse qu'elle ne serait pas source de tensions au sommet de l'Etat.

Politique étrangère

"Nous avons confiance l'un en l'autre, c'est probablement le plus important", a souligné Medvedev, qui collabore depuis plus de 17 ans avec l'actuel chef du Kremlin, dont il avait reçu l'adoubement avant l'élection présidentielle de dimanche.

Les deux hommes procèderont ensemble au remaniement du gouvernement mais la politique étrangère, a assuré Medvedev, restera du domaine du chef de l'Etat.

"Le président définit la politique étrangère de la Russie dans le respect de la Constitution. Le bureau du président est le Kremlin et le cadre (de travail) du Premier ministre et du gouvernement est la Maison blanche", située tout près du siège de la présidence.

Protéger les intérêts russes

La Russie ne devrait pas changer sa position sur les principaux dossiers internationaux qui l'ont opposée aux puissances occidentales, comme le statut du Kosovo ou le projet américain de bouclier antimissiles en Europe de l'est.

"Nous allons mener une politique internationale indépendante, celle-là même que nous avons menée ces huit dernières années, avec l'objectif principal de protéger nos intérêts nationaux sur tous les fronts", a déclaré Medvedev.

"Il s'agit d'une opération du KGB destinée à transférer le pouvoir d'une personne à une autre", a déclaré à Reuters l'ancien Premier ministre Mikhaïl Kassianov, figure de l'opposition, en faisant allusion au fait que Poutine a autrefois dirigé le FSB, héritier du KGB.

Fraudes dénoncées

Vaincu, Ziouganov a annoncé qu'il allait engager une action en justice en raison de fraudes présumées, rapporte l'agence Itar-Tass. "Nous sommes en possession de preuves de falsification des élections", a déclaré Ziouganov.

Pour les autorités du Kremlin, le fait que le scrutin ait fortement penché du côté de Medvedev ne veut pas dire qu'il ait été truqué. La commission centrale électorale a indiqué ne pas avoir connaissance d'irrégularités qui pourraient remettre le résultat du vote en cause.

Les quelques observateurs occidentaux couvrant le scrutin se sont dits préoccupés par des irrégularités et par le déroulement de la campagne. Après le retrait de deux des trois principales organisations d'observation, les seuls observateurs occidentaux sont 23 parlementaires de l'assemblée du Conseil de l'Europe.

L'organisation indépendante russe Golos a dit avoir déjoué, avant l'ouverture du scrutin, des tentatives de bourrage d'urnes dans des bureaux de vote de la région de Moscou.

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