VIRUS, L'ENQUÊTE CONTAGIEUSE DE LA RADIO SUISSE ROMANDE: «Doit-on être réduit à congeler ses enfants?!»
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VIRUS, L'ENQUÊTE CONTAGIEUSE DE LA RADIO SUISSE ROMANDE«Doit-on être réduit à congeler ses enfants?!»

Les mamans de jour ne pourront plus garder autant d'enfants, selon la nouvelle loi vaudoise censée créer plus de places de crèche. Certains parents sont désespérés.

«J'ai trouvé une merveilleuse maman de jour qui garde mes enfants de 2 et 5 ans. Je suis interprète de profession, avec des horaires irréguliers, cela me convenait parfaitement car je pouvais changer de jour de garde. Elle vient de recevoir un ultimatum pour se mettre en règle au 31 mars prochain» Nicole Peyer de Reverolles, près de Morges reçoit la nouvelle comme un coup de massue. Se mettre en règle signifie pour la maman de jour qui s'occupe, avec sa mère, de neuf enfants, dont la moitié en âge scolaire, qu'elle ne pourra plus accueillir que cinq petits. «Notre aîné qui va à l'école cette année ne pourra plus s'y rendre et nous n'avons aucune solution de rechange. Devons-nous mettre nos enfants au frigo en attendant que des places s'ouvrent?» La crèche la plus proche est à Yens, et la liste d'attente déborde déjà. Pourtant, Nicole ne remet pas en question la nouvelle loi sur l'accueil de jour des enfants en vigueur depuis le 1er janvier, et qui vise plus de rigueur, plus de professionnalisme, mais aussi à terme la création de centaines de places. «Les communes ont jusqu'en 2010 pour constituer les réseaux et ouvrir de nouvelles infrastructures, mais en attendant, certains parents voient leur système de garde disparaître sans avoir d'alternative», estime Véronique, la maman de jour remise à «l'ordre». «Les directives sont trop tâtillonnes. Ayant une formation de nurse, je pense pourtant avoir une certaine expérience.» Le message de Marie-Claire va dans le même sens. Cette éducatrice spécialisée avait créé une petite structure de nurserie-garderie, chez elle, qui «ne correspond plus aux normes de la nouvelle loi». Elle doit donc cesser son activité. Les récriminations des parents ont atteint un tel point que Catherine Labouchère, une députée libérale du Grand Conseil, qui a pourtant voté en faveur de la nouvelle loi, va demander, dans une interpellation, ce que le département entend faire pendant cette période de transition.

Francesca Argiroffo (RSR)

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