Actualisé 18.05.2019 à 14:42

FootballDominique Blanc porté à la tête du football suisse

Successeur de Peter Gilliéron, le Vaudois de 69 ans a été élu à présidence de l'ASF. En «finale», l'ex-boss de l'ACVF a battu l'ancien arbitre Kurt Zuppinger (69 voix à 31). Jean-François Collet a été éliminé dès le premier tour.

von
Nicolas Jacquier
Ittigen

Source: Keystone_ATS.

Elu en 2009 lorsqu'il avait succédé à Ralph Zloczower, Peter Gilliéron (66 ans) a dirigé ce samedi matin sa dernière assemblée en tant que patron de l'Association Suisse de football. Pas la moins chargée en émotions dans la mesure où l'assemblée des délégués, réunis à la Maison des Sports, à Ittigen (BE), devaient élire son successeur.

Durant son mandat, le juriste bernois a connu bien des succès, notamment sportifs grâce aux résultats de l'équipe nationale, mais il a aussi traversé quelques tempêtes dont celle liée à la gestion calamiteuse de l'aigle bicéphale de Xhaka et Shaqiri en 2018 lors de la Coupe du monde en Russie et aux polémiques qui s'en étaient suivies. En 2011, il avait aussi dû affronter la menace de suspension de la Suisse par les instances internationales en raison de l'affaire FC Sion.

Avant de passer la main, le président sortant a prononcé un discours d'adieu teinté d'émotions. «Merci à tous ceux et toutes celles qui, chacun à son niveau, font que notre football se porte bien. J'ai toujours essayé d'être direct (...) J'adresse mes meilleurs voeux à mon successeur.»

Cinq minutes de présentation pour chaque candidat

Juste avant le vote des 101 délégués, les trois candidats ont chacun eu l'occasion de rappeler en cinq minutes leur programme. Alors que Dominique Blanc, porté par la Ligue amateur, a insisté sur les valeurs sociales du sport qu'il a servi tout au long de sa carrière, Jean-François Collet, défendant les intérêts de la Swiss Football League, a tenu un discours très offensif dans la lignée de ce qu'avait été sa campagne. «Un Suisse n'est jamais à l'aise quand il doit dire pourquoi il est le meilleur. Pourtant, je vais vous le dire, a ainsi lâché l'ancien boss du Lausanne-Sport. Il convient d'élire celui qui sera le plus utile au football suisse. J'entends faire de l'ASF un prestataire de services à disposition des clubs.»

Devant l'assemblée, Kurt Zuppinger, porté par la Première Ligue, a ensuite mis en avant ses capacités de rassembleur. «Je veux être le président de toutes les régions. Ce n'est pas le pouvoir qui m'attire mais je suis convaincu que notre football peut aller encore plus loin (...) Je souhaite à mes deux adversaires un bon résultat mais pas la victoire.»

La manoeuvre de Constantin

Après des prises de position de MM. Christian Binggeli (NE Xamax), Ancillo Canepa (FC Zurich) et Christian Constantin (FC Sion) révélant quelques dissensions internes au sein même de la Swiss Football League, le premier tour n'a pas permis à Dominique Blanc d'obtenir la majorité requise (51). Le candidat des ligues inférieures, qui n'a pas fait le plein dans sa propre section (qui disposait de 47 voix), a obtenu 42 suffrages contre 30 à Kurt Zuppiger. Avec 29 voix, Jeff Collet a échoué aux portes de la finale. Sans doute l'intervention de Christian Constantin appelant à respecter le tournus des sections et fustigeant l'arrogance de son ancien homologue de la Pontaise a-t-elle pesé très lourd dans l'isoloir, privant l'assemblée d'une finale 100% vaudoise.

Au deuxième tour, où la majorité simple suffisait pour être élu, c'est Dominique Blanc qui a été largement plébiscité. Bénéficiant sans doute aussi des reports de voix venus de la SFL, le Vaudois a obtenu 69 voix - soit exactement son âge - contre 31 à Kurt Zuppiger. Un Romand n'avait plus été porté à la tête du football helvétique depuis bientôt 20 ans. A l'époque, le Valaisan Marcel Mathier avait dirigé l'ASF entre 1993 et 2001.

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!