Opéra à Avenches: «Don Giovanni» joué sur un portrait géant de Mozart
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Opéra à Avenches«Don Giovanni» joué sur un portrait géant de Mozart

Un immense portrait de Mozart va servir de scène au «Don Giovanni» présenté du 3 au 17 juillet aux arènes d'Avenches (VD).

Pour les interprètes de cet opéra, cela représente un défi quasi sportif car l'imposante scène est surtout très inclinée.

«C'est vrai, cela exige davantage d'efforts physiques», dit à l'ATS Giancarlo Del Monaco, metteur en scène, décorateur et costumier du spectacle. «Nous répétons depuis trois semaines, notamment pour que chacun se familiarise avec ce plateau de 700 mètres carrés qui descend d'un côté à proximité des premiers rangs de spectateurs.»

Malgré une pente à 25%, la scène ne représente pas de danger, assure-t-il. Personne ne devrait glisser ou tomber, même s'il pleut, car tout le plateau est recouvert d'une matière rugueuse.

Les interprètes vont donc littéralement jouer sur Mozart, le portrait étant le décor unique. «Ils passeront sur son visage, ses épaules ou son ventre.» Le dispositif place donc le public face-à- face avec l'illustre compositeur. L'effet se révèle encore plus saisissant la nuit tombée, avec l'éclairage.

Le metteur en scène a eu l'idée du portrait géant quand les organisateurs du festival lui ont dit qu'une stèle en l'honneur de Mozart serait inaugurée le soir de la première, le 3 juillet. Le musicien alors âgé de 10 ans avait fait halte à Avenches.

Séducteur sans scrupule

«Don Giovanni» est un des opéras majeurs de Mozart. Le livret s'inspire du mythe de Don Juan, séducteur libertin et sans scrupule. Le personnage méprise les femmes tout en éprouvant un irrésistible besoin de les conquérir.

Lors du fameux monologue de son valet Leporello, il exhibera des objets des conquêtes de Don Giovanni. «Il y aura un soulier, une culotte ou un soutien-gorge dont la couleur révélera au public l'identité de ses maîtresses», raconte le metteur en scène.

Morale publique

A la fin de l'opéra, Don Giovanni meurt, entraîné en enfer par le fantôme du Commandeur. Ce dernier avait été assassiné par Don Giovanni, lequel venait de séduire sa fille.

«Le moment venu, le Commandeur va apparaître assis dans les arènes», dit M. Del Monaco. «Il représente le sens de la morale publique selon lequel le libertin doit être puni. Il parle en quelque sorte au nom du public. Cet opéra est une bataille du bien contre le mal», résume-t-il.

Costumes contemporains

Les chanteurs vont porter des costumes contemporains. «Les vêtements sont inspirés de ceux de stylistes italiens, façon d'illustrer la séduction d'aujourd'hui comparée à l'esprit d'hier.»

Une distribution de qualité a été mobilisée. Le rôle-titre sera interprété en alternance par Konstantin Gorny et Nicolas Ulivieri. Gianluca Martinenghi dirigera l'orchestre. L'ouvrage réunit une centaine de solistes, musiciens et choristes. S'y ajoutent près de 50 personnes en coulisse.

Souvenirs de Verdi

Homme de théâtre de réputation internationale, l'Italien Giancarlo Del Monaco a entamé sa carrière à l'opéra dans les années 60 après des études musicales à Lausanne. Il signe là sa quatrième mise en scène de «Don Giovanni».

Depuis sa création en 1995, le festival s'est forgé sa place parmi les rendez-vous musicaux de l'été. Il se donne pour mission de familiariser le public avec l'art lyrique. Le record de fréquentation est détenu depuis 1999 par le «Nabucco» de Verdi et ses 46 000 spectateurs.

25 000 billets déjà vendus

Le Festival d'opéra d'Avenches (VD) devra vendre 34'000 billets pour équilibrer le budget de «Don Giovanni» de Mozart présenté du 3 au 17 juillet. Actuellement 25'000 tickets ont trouvé preneurs sur 38'500 mis en location pour les sept représentations.

Les organisateurs disposent d'un budget de 5,5 millions de francs, a indiqué à l'ATS Michel Doleires, membre du comité d'organisation. L'édition 2008 s'est bouclée sur un «léger bénéfice», après deux éditions déficitaires. «La Traviata» de Verdi avait permis d'écouler 37'000 billets.

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