Primaires américaines: Donald Trump accumule «les couacs»
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Primaires américainesDonald Trump accumule «les couacs»

Le républicain Donald Trump peine à passer la vitesse supérieure dans sa quête de la Maison Blanche.

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Le médecin de Donald Trump a réalisé un bulletin de santé en 5 minutes, l'an passé. (Samedi 27 août 2016)

Le médecin de Donald Trump a réalisé un bulletin de santé en 5 minutes, l'an passé. (Samedi 27 août 2016)

Reuters
Une statue peu flatteuse de Donald Trump a fait beaucoup rire, à New York. (Jeudi 18 août 2016)

Une statue peu flatteuse de Donald Trump a fait beaucoup rire, à New York. (Jeudi 18 août 2016)

AFP
Le sénateur démocrate Tim Kaine a été investi candidat à la vice-présidence des Etats-Unis. (Mercredi 27 juillet 2016)

Le sénateur démocrate Tim Kaine a été investi candidat à la vice-présidence des Etats-Unis. (Mercredi 27 juillet 2016)

Keystone

Après des semaines de rumeurs sur les dissensions internes concernant la stratégie à adopter contre la démocrate Hillary Clinton, le couperet est enfin tombé lundi. Son directeur de campagne controversé, Corey Lewandowski, a été remercié, bien qu'on ignore les termes de son départ.

Donald Trump a longtemps défendu son collaborateur, crédité pour les victoires initiales des primaires notamment dans le New Hampshire, le deuxième Etat à avoir voté, en février dernier.

Mais Corey Lewandowski illustrait les limites du modèle Trump. Le milliardaire populiste a défié tous les codes en faisant campagne avec de grands meetings et en exploitant le média télévisuel, négligeant de mailler le territoire de locaux de campagne et de bénévoles, et économisant sur le budget publicitaire.

Cette façon iconoclaste de faire campagne, centrée sur sa personne, restreint la capacité de Donald Trump à changer de dimension pour mobiliser l'ensemble de l'électorat américain, et non plus les 31 millions d'électeurs républicains qui ont participé aux primaires.

«Cette équipe de campagne a des problèmes profonds», a dit le politologue Larry Sabato sur CNN. «Cette campagne est sous-financée, mal organisée. Et il y a beaucoup d'interrogations sur l'organisation de la convention».

«L'équipe de Clinton a des années-lumières d'avance sur l'équipe de Trump», ajoute cet expert.

Preuve en est le lancement jeudi dernier par Hillary Clinton, mieux financée par des dons de sympathisants et de grands donateurs, d'une formidable campagne publicitaire télévisée dans huit Etats stratégiques américains (Caroline du Nord, Colorado, Floride, Iowa, Nevada, New Hampshire, Ohio et Virginie). Ces spots seront diffusés pendant six semaines, jusqu'aux conventions.

En outre, les bénévoles de campagne pro-Clinton s'activeront tout le week-end prochain pour des activités de porte-à-porte et de recrutement de militants, une fonction stratégique pour maximiser la participation à l'élection du 8 novembre.

Ce travail de terrain prend du temps à organiser, mais l'équipe de Donald Trump, sans expérience, entend le déléguer aux cadres du parti républicain, dont ce n'est historiquement pas le rôle.

Selon le New York Magazine, les trois enfants adultes Trump (Donald Jr., Ivanka et Eric) ont exigé de leur père qu'il limoge Corey Lewandowski, jugé pas au niveau pour la suite de la campagne. Le nouvel homme fort s'appelle Paul Manafort, un vétéran républicain qui avait rejoint l'équipe le 29 mars pour professionnaliser les opérations.

A la fin du mois de mai, après avoir scellé l'investiture du parti républicain, Donald Trump avait resserré l'écart dans les sondages avec Hillary Clinton. Mais depuis, la démocrate a vaincu son rival Bernie Sanders et trouvé la parade pour répondre au milliardaire républicain.

Elle a aujourd'hui près de six points d'avance sur lui, selon la moyenne des derniers sondages, un avantage très important comparé aux élections précédentes.

S'appuyant sur son expérience dans les affaires de sécurité nationale, l'ancienne secrétaire d'Etat multiplie les réquisitoires contre l'homme d'affaires sans expérience politique, qu'elle juge impulsif et ignorant.

Le candidat républicain n'a rien fait pour rassurer son parti, malgré ses nombreuses promesses d'adapter sa rhétorique à la solennité de la fonction présidentielle. Au lieu de renforcer son programme, il s'est attaqué personnellement à un juge fédéral chargé des poursuites contre son ex-«université», l'accusant de partialité en raison de ses origines mexicaines.

Ces diatribes ont choqué jusque dans son camp, relançant les minces espoirs des républicains anti-Trump désireux d'un changement in extremis de candidat.

La décision de Donald Trump de se rendre à l'inauguration d'un de ses golfs en Ecosse, vendredi prochain, a également suscité des questions sur sa capacité à se concentrer sur sa monumentale mission politique.

La convention d'investiture de Cleveland, qui se déroulera du 18 au 21 juillet, est censée mettre en scène l'unité du parti républicain. Mais le parti peine à dissiper l'odeur de soufre, comme en témoigne la décision de la firme Apple de se retirer de la liste des sponsors de la convention.

«On n'a pas encore commencé, on commencera vraiment après la convention», s'est défendu Donald Trump, interrogé par MSNBC sur l'agitation persistante dans son camp.

ico/bdx (nxp/afp)

(NewsXpress)

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