17.10.2020 à 19:10

Présidentielle américaineDonald Trump, en difficulté, poursuit sa campagne marathon

Accusant un retard dans les sondages face à Joe Biden et confronté à une pandémie qui n’en finit pas, le président US multiplie les déplacements afin de convaincre les électeurs.

Pour mobiliser ses fidèles, Donald Trump a annoncé, malgré les sondages, «une vague rouge d’une amplitude jamais vue».

Pour mobiliser ses fidèles, Donald Trump a annoncé, malgré les sondages, «une vague rouge d’une amplitude jamais vue».

AFP

Donald Trump a poursuivi sa campagne à un rythme effréné, avec de multiples déplacements à travers le pays samedi, pour mobiliser ses troupes et rattraper son retard sur son adversaire démocrate Joe Biden, à 17 jours de l’élection présidentielle américaine. Le milliardaire de 74 ans s’est rendu samedi dans le Michigan - où il a qualifié son adversaire de «criminel» et affirmé que les démocrates étaient des anti-Américains -, puis dans le Wisconsin.

Devant une foule rassemblée à Muskegon (Michigan), il a déclaré que les démocrates voulaient «effacer l’histoire américaine, détruire les valeurs américaines et le mode de vie américain». «Joe Biden est un politicien corrompu et la famille Biden est une entreprise criminelle», a-t-il lancé. «C’est un criminel» (…) qui «représente un risque pour la sécurité nationale», a encore ajouté le président devant ses sympathisants qui scandaient «on t’aime».

Donald Trump, attendu à Las Vegas samedi soir pour une tournée dans l’ouest du pays dès dimanche, avait remporté en 2016 le Michigan et le Wisconsin, deux États traditionnellement démocrates.

Intense

Confronté à des sondages qui le donnent battu, à une pandémie de coronavirus qui a dépassé les 8 millions de cas positifs aux États-Unis, et aux doutes qui surgissent dans son propre camp, l’hôte de la Maison-Blanche «mise tout» pour combler son retard, a assuré samedi sa porte-parole, Kayleigh McEnany. «La stratégie du président est de travailler pour avoir les voix du peuple américain. C’est la raison pour laquelle il sera dans deux États aujourd’hui et qu’il fera deux meetings demain, et deux autres en Arizona lundi», a-t-elle assuré sur Fox News.

Comme en 2016, Donald Trump, fait une intense campagne de terrain avec plusieurs déplacements par jour. Il s’est rendu vendredi en Géorgie et en Floride, deux États qu’il peut difficilement se permettre de perdre s’il veut l’emporter face à Joe Biden le 3 novembre.

Pour mobiliser ses fidèles, il a annoncé, malgré les sondages, «une vague rouge d’une amplitude jamais vue», en référence à la couleur des républicains. «Le jour de l’élection (…), nous allons infliger à Joe l’Endormi une défaite retentissante», a-t-il tonné devant une foule enthousiaste en Floride.

«Mensonges» et «diversions»

Samedi, le contraste était frappant avec la campagne de Joe Biden, qui n’avait rien à son programme officiel, le candidat démocrate restant dans son fief de Wilmington, dans le Delaware, avant de partir dimanche pour la Caroline du Nord, un autre État-clé.

Parallèlement, des milliers d’opposantes à Donald Trump ont manifesté samedi aux États-Unis pour protester contre la nomination à la Cour suprême d’une juge conservatrice et contre la réélection du milliardaire. La magistrate Amy Coney Barrett, une fervente catholique, a été désignée pour remplacer l’icône progressiste Ruth Bader Ginsburg, décédée le 18 septembre, et le président mise sur la majorité républicaine au Sénat pour valider son choix avant l’élection du 3 novembre.

Pour sa part, l’ancien vice-président s’est rendu vendredi dans le Michigan, qu’il compte faire revenir dans le camp démocrate. «Tout ce que le président Trump a à offrir aux habitants du Michigan, ce sont des mensonges et des diversions – pas de plan pour contrôler le virus, pas de stratégie pour sortir notre économie de cette récession, et pas de vision pour unifier notre pays», a taclé Joe Biden.

Course serrée

Le vétéran de la politique mène de neuf points de pourcentage dans la moyenne nationale des enquêtes d’opinion. Mais surtout, bien qu’avec une marge plus étroite, dans les État-clés qui peuvent basculer d’un parti à l’autre à chaque élection. Comme la Pennsylvanie, remportée d’une courte tête par Donald Trump en 2016, où Barack Obama participera mercredi à son premier événement de campagne sur le terrain à Philadelphie.

Mais la course est bien plus serrée que ce que laissent apparaître les sondages, a mis en garde cette semaine la cheffe de sa campagne, Jen O’Malley Dillon, se basant sur des sondages internes. La porte-parole de la Maison-Blanche, Kayleigh McEnany, a elle aussi dénoncé samedi des sondages «très gonflés», «conçus pour façonner l’opinion publique plutôt que la jauger».

Reste que plusieurs responsables républicains s’inquiètent ouvertement d’une large victoire démocrate le 3 novembre. Ben Sasse, élu du Nebraska, a qualifié cette semaine Donald Trump de dirigeant «médiocre», dans un enregistrement révélé par les médias. Il a dit craindre un «bain de sang au Sénat pour les républicains», qui contrôlent actuellement la Chambre haute du Congrès. Ses déclarations ont attisé la colère du président, qui a qualifié samedi sur Twitter le sénateur de «boulet pour le parti républicain» et de «honte pour le grand État du Nebraska».

Donald Trump qualifie Emmanuel Macron de «Premier ministre»


Le président américain Donald Trump, qui se moque régulièrement des gaffes supposées de son rival Joe Biden, s’est à son tour illustré samedi par une erreur en rétrogradant son homologue français Emmanuel Macron au rang de «Premier ministre».

Après avoir évoqué l’ancien accord de libre-échange avec le Canada et le Mexique, renégocié depuis par ses soins, Donald Trump a ensuite donné son avis sur l’accord pour le climat de Paris, dont les États-Unis se sont retirés après son élection en 2016.

«Vous savez ce que j’ai également arrêté? L’accord sur l’environnement de Paris. J’aime beaucoup le Premier ministre Macron mais je lui ai demandé comment l’accord avançait, ils n’y arrivent pas vraiment», a déclaré le candidat républicain. «Je vous ai fait économiser des billions de dollars, personne d’autre ne l’aurait fait. J’ai dit que c’était un désastre, ils voulaient grosso modo prendre notre richesse», a-t-il ajouté.

(AFPE/NXP)

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