États-Unis: Donald Trump ou Joe Biden? Les Américains à l’heure du choix
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États-UnisDonald Trump ou Joe Biden? Les Américains à l’heure du choix

Après 18 mois d’une campagne d’une violence rare, les Américains, divisés comme jamais, se rendent aux urnes pour choisir leur futur président mardi.

À Cedar Rapids, dans l’Iowa, des électeurs attendent leur tour pour voter en avance, lundi 2 novembre.

À Cedar Rapids, dans l’Iowa, des électeurs attendent leur tour pour voter en avance, lundi 2 novembre.

AFP

Des dizaines de millions d’Américains se rendent mardi aux urnes pour choisir entre Donald Trump et Joe Biden lors d’une élection présidentielle historique dans une Amérique divisée à l’extrême. Favori des sondages depuis des mois, Joe Biden, 77 ans, ancien vice-président de Barack Obama, espère enfin décrocher les clés de la Maison-Blanche à sa troisième tentative.

Armé de son indéniable énergie sur les estrades, le président républicain sortant, 74 ans, qui a mené une campagne d’une agressivité inouïe, promet de son côté de créer de nouveau la surprise, comme en 2016. «Est-ce que (Biden) peut vraiment gagner? On est sérieux là?» a-t-il ironisé lundi soir depuis Kenosha, Wisconsin, avant-dernière étape d’un marathon de cinq meetings dans quatre États.

«Demain, nous allons une nouvelle fois écrire une page d’histoire», a-t-il lancé lors de son ultime meeting à Grand Rapids, dans le Michigan, évoquant une «magnifique victoire» à venir.

«J’ai le sentiment que nous allons vers une large victoire demain», a lancé, presque au même moment Joe Biden depuis Pittsburgh, la ville où il avait débuté sa campagne il y a 18 mois. La campagne a été dominée par la pandémie de Covid-19, qui a fait plus de 230’000 morts aux États-Unis et s’est encore aggravée ces derniers jours.

«Pas quatre ans de plus!»

«Je ne supporterai pas quatre ans de plus avec Trump», a confié à l’AFP une de ses partisanes, Jane Perry, 65 ans, croisée à Pittsburgh, où l’ancien vice-président a participé à un meeting lundi soir en présence de Lady Gaga. À l’inverse, Lara Schmidt, 42 ans, espère un «raz-de-marée» en faveur du président, qu’elle a écouté avec ferveur à Scranton. «Mais si les votes par correspondance se font dans l’illégalité, je me mettrai à genoux pour prier», dit-elle, inquiète.

Au moment où certaines villes se préparent à d’éventuels débordements violents, l’Amérique donne au monde l’image d’un pays scindé en deux blocs qui ne se parlent plus. Pendant des mois, Donald Trump a agité, scénarios apocalyptiques à l’appui, le spectre d’une «gauche radicale» prête à transformer la première puissance mondiale en un «Venezuela à grande échelle».

Les démocrates, Joe Biden et Barack Obama en tête, multiplient eux les mises en garde contre les conséquences potentiellement dévastatrices sur les institutions démocratiques d’un second mandat Trump. Près de 100 millions d’Américains ont déjà voté par anticipation, en personne ou par correspondance, pour éviter les bureaux de vote bondés en pleine pandémie. Depuis des semaines, Donald Trump critique cette option, l’accusant sans preuve de favoriser la fraude électorale.

«Bataille pour l’âme de la nation»

D’un côté, un héritier de New York, magnat de l’immobilier passé par la télé-réalité avant de faire irruption en politique avec un message populiste, «l’Amérique d’abord», et qui continue de se présenter en «outsider» malgré ses quatre années passées à la Maison-Blanche. De l’autre, un vieux routier de la politique issu des classes moyennes -- au compteur, 36 années comme sénateur puis huit de plus comme vice-président -- qui promet de panser les plaies d’un pays meurtri en remportant «la bataille pour l’âme de la nation».

Après deux échecs en 1988 et 2008, Joe Biden, pur produit de l’aile modérée du parti démocrate, s’est imposé aux primaires de son camp avec un message simple: battre Donald Trump, étrillé comme «le pire président» de l’histoire récente des États-Unis. Peu à peu, il a aussi fait de l’élection de mardi un référendum sur la gestion de la pandémie par le républicain.

Ce dernier n’a lui cessé d’être rattrapé par cette crise sanitaire qu’il s’est toujours efforcé de minimiser. Jusqu’à être lui-même contaminé et hospitalisé, début octobre. «Je suis guéri» et «immunisé», martèle-t-il depuis, reparti en campagne avec une indéniable énergie en appelant les Américains à ne pas laisser le Covid-19 «dominer» leurs vies.

Participation très élevée

La participation s’annonce historiquement élevée, avec plus de 97 millions d’électeurs qui ont déjà voté par anticipation avant mardi -- par courrier ou en personne --, soit plus de 70% du nombre d’électeurs total de 2016. Les démocrates avaient appelé à voter en amont en raison du virus, et il faudra voir si les républicains, plus enclins à se déplacer aux urnes le jour-même, seront au rendez-vous.

L’accumulation record de votes par courrier, qui dans certains États pourront affluer jusqu’à plusieurs jours après mardi, risque aussi de compliquer le dépouillement, voire retarder l’annonce d’un vainqueur si le résultat est serré. «Dès que l’élection sera terminée, nos avocats seront prêts», a prévenu Donald Trump, qui, fait inédit pour un président sortant, a obstinément refusé de s’engager à accepter l’issue du vote.

Pour l’emporter, un candidat n’a pas besoin d’être majoritaire en voix au niveau national: il doit gagner la majorité d’au moins 270 des 538 grands électeurs attribués au niveau des États. Mardi soir, dans un premier temps, tous les regards seront braqués sur la Floride, l’un des États-pivots les plus célèbres, et qui a promis d’afficher la couleur dès la nuit électorale. Sans cet État qu’il avait gagné en 2016, c’est mission quasi-impossible pour Donald Trump.

En revanche, s’il parvient à conserver la Floride, où il est au coude-à-coude avec Joe Biden dans les sondages, l’attention se déplacera vers la Pennsylvanie, l’État natal du démocrate. Là, les intentions de vote sont un peu plus favorables à l’ancien vice-président, mais avec un écart proche de la marge d’erreur.

(AFP/NXP)

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