Projet-pilote: Données médicales stockées sur le cloud

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Projet-piloteDonnées médicales stockées sur le cloud

Le canton de Bâle sera le premier de Suisse à conserver les dossiers médicaux de patients dans le «nuage», système d'archivage en ligne. La protection des données serait garantie.

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Lukas Hausendorf/ofu/dmz
Toutes les données concernant un patient, qui doit donner son accord au préalable, seront enregistrées dans un nuage informatique par les médecins traitants.

Toutes les données concernant un patient, qui doit donner son accord au préalable, seront enregistrées dans un nuage informatique par les médecins traitants.

Le projet-pilote, accepté la semaine dernière par le Grand conseil bâlois, doit permettre aux médecins - notamment en cas d'urgence - d'accéder rapidement au dossier médical d'un patient. En quelques clics, ils pourront ainsi connaître les informations importantes concernant une personne. Bâle est le premier de Suisse à recourir au cloud pour stocker des données médicales.

«C'est l'avenir»

«Le système E-Health devrait jouer un rôle de précurseur en Suisse», se réjouit Peter Indra, directeur du Département bâlois de la santé. Concrètement, toutes les données concernant un patient seront enregistrées dans un «nuage informatique» par les médecins traitants. En cas de besoin, le personnel médical pourra ensuite y avoir accès.

«C'est l'avenir», affirme Felix Eymann, président de la Société médicale de Bâle. Médecins, hôpitaux et organisations de défense des patients se réjouissent de ce projet-pilote. «Même le préposé à la protection des données nous soutient. Nous sommes convaincus que le système fonctionnera bien», précise Peter Indra.

Convaincre les patients

Une centrale de l'hôpital universitaire s'occupera de gérer le programme E-Health. Le logiciel et l'infrastructure existent déjà. Les autorités lanceront ces prochains jours des campagnes d'information pour encourager patients et professionnels de la santé à participer à l'essai.

De son côté, Ursula Uttinger, présidente du Forum suisse pour la protection des données, se montre réticente. Elle pense que la protection des données ne pourra pas être garantie à 100%. Peter Indra reste positif: «Nous devons convaincre les patients des avantages que représente un tel système.» Les personnes qui souhaitent participer à E-Health devront signer un accord qui autorise les médecins à stocker leurs données sur le cloud.

Le canton de Genève a introduit l'année dernière un système similaire, intitulé MonDossierMedical.ch (voir encadré). «Il est trop tôt pour l'instant de faire un bilan définitif. Ça fait six mois que les dossiers médicaux informatisés ont été introduits à Genève et l'engouement des médecins ainsi que des patients est assez grand», affirme Xavier Sepulchre, chef de projet adjoint MonDossierMedical.ch. «Il faut juste en moyenne 5 à 10 minutes aux patients pour s'inscrire. Mais l'inscription permet le partage sécurisé des données et améliore l'efficacité et efficience des soins.»

Dossier médical informatisé à Genève

Le canton de Genève a lancé en mai dernier un outil d'informatique médicale, validé sur le plan national. La plateforme, qui permet un partage d'informations entre les professionnels de la santé, a été développée par La Poste. Le patient est au centre du dispositif. Sans son accord, les prestataires de soins ne peuvent accéder à son dossier. Le patient a la liberté de choisir les personnes qui peuvent consulter ses données médicales. La mise en commun de l'ensemble des informations le concernant ne sera possible que grâce à son intervention.

Couacs en France

En mars dernier, des Français ont trouvé des infos confidentielles les concernant en ligne. Certains dossiers médicaux se trouvaient en effet en libre accès sur internet. Prétextant la publication de ces données dans le cadre d'une étude, l'Hôpital de Marseille, responsable de la bévue, avait fait son mea culpa. Mais selon les médias hexagonaux, ce genre de cas est de plus en plus fréquent.

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