Donner le déclic pour éviter d'être accro aux jeux vidéo
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Donner le déclic pour éviter d'être accro aux jeux vidéo

Une brochure destinée à prévenir les risques de dépendance au joystick sortira en septembre. Une première en Suisse, selon son initiateur.

«Les jeux vidéo, c'est l'une de mes multiples dépendances», évoque avec lucidité Lionel*. C'est pour oublier des problèmes liés à ses parents qu'il a sans cesse cherché «une échappatoire à la vie réelle». A 35 ans, il a accumulé des années d'addiction au sport tout d'abord, puis à l'alcool, aux drogues, au sexe, avant de plonger dans l'univers binaire. «En quinze ans, j'ai tout éliminé sauf celle-là, analyse-t-il. Si je ne travaillais pas, je pourrais passer 78 heures non-stop derrière un PC.» Toujours assoiffé notamment de jeux de stratégie, comme «Starcraft», il estime que c'est un moindre mal.

Lionel n'est pas le seul à être accro. Aucune enquête n'existe à ce jour en Suisse, mais, selon une étude réalisée en 1998 par une université norvégienne, 2,7% des jeunes de 12 à 18 ans sont des joueurs pathologiques.

C'est d'ailleurs cette tranche d'âge, «la plus sensible», qu'a choisi de viser l'association romande Swiss Gamers, basée à Epalinges, à travers un projet de prévention. Qui passe d'abord par une brochure, destinée aux jeunes, comme aux enseignants et aux parents. Pourquoi les adultes? «Il faut savoir que le jeu vidéo n'est plus seulement une activité pour les enfants ou les adultes retardés», explique son président, Nicolas Akladios. «Il est devenu une activité de loisir pour des publics cibles de 7 à 77 ans. Le mot «jeu» ne veut pas dire «éducatif», souligne-t-il.

Sophie Roselli

* Prénom d'emprunt

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