Montreux: Doriot écope de 15 mois avec sursis
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MontreuxDoriot écope de 15 mois avec sursis

Le municipal de Montreux Jean-Claude Doriot a été condamné vendredi à quinze mois de prison avec sursis pour avoir accepté un prêt sans intérêt d'un ami architecte. Son bateau a été séquestré.

Jean-Claude Doriot arrive au Tribunal correctionnel de Vevey pour l'ouverture de son procès, le 24 août dernier.

Jean-Claude Doriot arrive au Tribunal correctionnel de Vevey pour l'ouverture de son procès, le 24 août dernier.

Le conseiller municipal de Montreux Jean-Claude Doriot a écopé vendredi de 15 mois de prison (VD) avec sursis pour avoir accepté un prêt sans intérêt de la part d'un ami architecte auquel la commune a vendu en 2005 les «Bosquets de Fontanivent». L'élu socialiste ne baisse pas les armes: il a annoncé qu'il ferait recours et qu'il ne démissionnerait pas.

«C'est un procès politique», a dénoncé Jean-Claude Doriot lors d'une conférence de presse organisée après la lecture du verdict. «On a eu la peau de Doriot et on pense ainsi l'éliminer de toute candidature pour les élections communales de mars prochain». «Le combat est loin d'être terminé, je n'abandonnerai pas ici», a ajouté l'édile, précisant qu'il restait municipal.

L'ex-chef de l'urbanisme a été reconnu coupable d'acceptation d'un avantage et d'obtention frauduleuse d'une constatation fausse pour un dessous-de-table versé à son ex-compagne. Le Tribunal correctionnel de Vevey l'a aussi condamné à payer une créance compensatrice de 125 000 francs à l'Etat de Vaud. Pour garantir ce paiement, son bateau sera séquestré.

La Cour a jugé que la culpabilité de l'accusé était «extrêmement lourde». En acceptant un prêt sans intérêt, l'édile a accepté de se laisser «inféoder» et il a gravement manqué à son devoir de magistrat. «Son comportement a entaché sa fonction et entraîné la suspicion de la population sur l'Exécutif de Montreux», a relevé le président du tribunal.

L'ami architecte a de son côté été reconnu coupable d'octroi d'un avantage et a été condamné à une peine de 250 jours amende avec sursis à 1.000 francs par jour, plus une peine ferme de 50 jours amende à 1000 francs. L'ancienne compagne de Jean-Claude Doriot écope de 90 jours amende avec sursis à 50 francs par jour pour obtention frauduleuse d'une constatation fausse.

Appel à la démission

Le Ministère public avait requis 18 mois de prison avec sursis contre Jean-Claude Doriot. Il s'est déclaré satisfait du verdict. Quant au syndic socialiste de Montreux Pierre Salvi, il a exprimé son soulagement. «La Municipalité a eu raison de prendre les décisions qu'elle a prises». «J'espère que l'on pourra maintenant tourner la page», a-t-il ajouté, les larmes aux yeux. Pierre Salvi a par ailleurs appelé encore une fois à la démission de Jean-Claude Doriot.

L'ancien responsable de l'urbanisme a toujours clamé son innocence et refusé de quitter son poste, en dépit des suggestions répétées de la Municipalité de Montreux. La Cour constitutionnelle lui a donné raison récemment. Il avait été arrêté en novembre 2008, suite à une dénonciation de son ex-compagne qui l'accusait d'avoir touché un pot-de-vin de 300 000 francs de son ami architecte pour le favoriser dans la vente en 2005 des «Bosquets». (ap)

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