Procès Jean- Claude Doriot: Doriot veut retrouver son honneur
Actualisé

Procès Jean- Claude DoriotDoriot veut retrouver son honneur

Le procureur du canton de Vaud a requis vendredi 18 mois de peine privative de liberté contre Jean-Claude Doriot avec sursis pendant trois ans.

Emu, le municipal de Montreux a conclu en affirmant sa confiance en la justice. Il a dit vouloir retrouver son honneur et disparaître.

Au cours d'un réquisitoire très sévère, le procureur du canton Eric Cottier a abandonné vendredi l'accusation de corruption contre Jean-Claude Doriot, ancien chef de l'urbanisme de Montreux. Il a en revanche conservé et développé celle d'acceptation d'un avantage, en l'occurrence le prêt sans intérêts de l'ami architecte.

La culpabilité de Jean-Claude Doriot est «extrêmement lourde», a affirmé à Vevey (VD) l'avocat général. Il exige également du municipal le paiement d'une créance compensatrice de 155'000 francs en faveur de l'Etat de Vaud. Le bateau de l'élu, illustration de sa folie des grandeurs, doit être confisqué.

Avide de luxe et pouvoir

A de nombreuses reprises, Eric Cottier a fustigé l'attitude de l'édile. «Un fanfaron» qui a mélangé de manière «inadmissible» intérêt personnel et défense du bien commun pour lequel il a été choisi par le peuple, selon le procureur.

«Le comportement est extrêmement grave», a dénoncé le représentant du parquet. En acceptant le prêt de 115'000 francs, Jean-Claude Doriot est devenu «le dévoué vassal de son maître». Cette dépendance est contraire à la mission d'un élu qui doit «être au-dessus de tout soupçon».

C'est un homme «parfaitement honnête», a répliqué Me Jacques Michod, avocat de Jean-Claude Doriot. Il n'a trahi «ni sa fonction, ni son devoir, ni son honneur», a-t-il poursuivi en s'attachant à démontrer que l'élu socialiste n'a jamais bénéficié de la présomption d'innocence.

Lynchage dénoncé

Présomption ou même conviction de culpabilité, voilà le traitement qui a été réservé à Jean-Claude Doriot: exclu de son parti, suspendu de la municipalité, exécuté dans les médias, Jacques Michod a parlé de la grande souffrance endurée par le municipal.

Il n'y a rien dans le dossier au titre de corruption passive, charge abandonnée par le parquet. Il n'y a pas plus d'élément objectif d'un avantage accepté par Jean-Claude Doriot, a tonné l'avocat. Même si l'élu a une vie amoureuse tumultueuse, un gros bateau qui fait jaser ou une gestion un peu curieuse de son argent: «il n'a pas violé la loi».

Influencer un élu

Contre l'ami architecte accusé d'octroi d'avantage, Eric Cottier a requis 300 jours-amendes à 1000 francs le jour avec sursis pendant deux ans. Il a assorti la sanction d'une peine ferme de 50 jours à 1000 francs. Il a jugé que cet homme «dur en affaires» était toujours à l'affût et qu'il a vite vu combien «investir» 115'000 francs dans Jean-Claude Doriot allait lui servir par la suite.

Le Ministère public s'est prononcé enfin sur un autre volet de l'affaire qui concerne un dessous de table entre Jean-Claude Doriot et son ex-compagne qui l'a dénoncé. Outre la charge contre le municipal, Eric Cottier a requis contre cette femme, qualifiée de «dindon de la farce», 120 jours-amende à 50 francs le jour, avec sursis pendant deux ans.

Tâches incompatibles

L'avocat de l'ex-compagne et celui de l'architecte ont plaidé l'acquittement, comme Me Michod. Prenant la parole in fine, Jean- Claude Doriot a dit qu'il se rendait compte qu'il était «incompatible» de conserver une activité privée lorsque l'on devient municipal.

Très ému, il a dit ne pas se «reconnaître» dans le tableau qui a été dressé de lui au cours des audiences. Il a rappelé ses «sacrifices» durant 35 ans au service de la collectivité, sans oublier sa générosité envers ses ex-compagnes. Avec le procès, «je souhaitais retrouver mon honneur d'homme et de citoyen, et disparaître». Le verdict sera prononcé vendredi prochain.

(ats)

Ton opinion