Congrès suisse de l'électricité: Doris Leuthard défend sa stratégie 2050
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Congrès suisse de l'électricitéDoris Leuthard défend sa stratégie 2050

La ministre de l'énergie Doris Leuthard a défendu lundi devant les participants au 9e Congrès suisse de l'électricité le paquet adopté en décembre dernier par le Conseil national.

La ministre a aussi défendu la hausse à 2,3 centimes par kWh au maximum de la taxe visant à soutenir la production de courant vert.

La ministre a aussi défendu la hausse à 2,3 centimes par kWh au maximum de la taxe visant à soutenir la production de courant vert.

La stratégie énergétique 2050 de la Confédération couvre toutes les sources d'énergie et pas seulement la sortie du nucléaire, a expliqué la conseillère fédérale qui dirige le Département fédéral de l'économie. Les professionnels du secteur se sont en effet montrés sceptiques sur ce paquet de mesures. Le Conseil des Etats devrait encore apporter quelques modifications au projet, a indiqué la cheffe du Département fédéral de l'énergie devant les 400 représentants de la branche réunis au Kursaal à Berne.

L'encouragement à l'énergie hydraulique adopté par la Chambre du peuple a tout son sens, a-t-elle déclaré. Le système bonus-malus visant à favoriser les économies d'énergie est en revanche encore trop peu orienté sur le marché. En outre, ce système devrait s'appliquer aux producteurs de courant et non aux gestionnaires du réseau.

La ministre a aussi défendu la hausse à 2,3 centimes par kWh au maximum de la taxe visant à soutenir la production de courant vert. Cela représente pour une famille de quatre personnes 100 francs par année, a-t-elle rappelé. Cette subvention est nécessaire, car elle compense les prix de revient plus élevés pour les installations en Suisse.

Accord avec l'UE toujours gelé

L'Argovienne a également évoqué l'accord sur l'électricité avec l'UE encore en suspens et qui bloque l'accès au marché intérieur européen. Bruxelles a clairement indiqué qu'elle ne signerait pas l'accord tant que le volet institutionnel ne serait pas réglé avec la Suisse.

A partir de 2015, la Suisse sera considérée comme un pays tiers pour l'Union européenne et cela se fera sentir. Les coûts supplémentaires qui en résulteront seront le prix à payer de cette impasse. Doris Leuthard a annoncé qu'elle discuterait encore à la fin janvier avec le nouveau ministre européen de l'énergie Miguel Arias Canete (Espagne) d'une possible feuille de route.

Supportable pour l'économie?

Kurt Rohrbach, président de l'Association des entreprises électriques suisses (AES), a pour sa part souligné que la branche était en mutation. Il a mis en garde contre des solutions inspirées par l'économie planifiée et l'excès de réglementation dans le secteur de l'approvisionnement électrique.

La branche n'a cependant pas montré une attitude hostile lors du débat sur la stratégie énergétique, s'est défendu M. Rohrbach. Le secteur a proposé des solutions praticables comme le modèle de marché de l'efficacité énergétique. Pour lui, il s'agit bien plus de se demander «si l'économie suisse peut supporter ce tournant énergétique».

Le congrès se déroule sur deux jours lundi et mardi. Il est organisé par l'AES et Electrosuisse, l'association professionnelle dans le domaine de l'électrotechnique, des technologies de l'énergie et de l'information. (ats)

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