Actualisé 12.10.2008 à 08:31

Crise financière

Doris Leuthard:« La croissance pourrait être inférieure à 1%»

La conseillère fédérale Doris Leuthard n'a pas écarté samedi à Washington une croissance inférieure en Suisse à 1%, si la crise persiste.

Le Fonds monétaire international (FMI) s'est dit prêt samedi à aider les pays victimes de la crise financière. Il a entériné les orientations adoptées la veille par les grands argentiers du G7 au terme d'une semaine calamiteuse sur les marchés boursiers.

Le FMI doit être prêt à mettre «rapidement» des ressources «substantielles» à la disposition des pays touchés, a affirmé samedi l'instance politique du Fonds, à l'issue d'une réunion à Washington. Le président du Comité monétaire et financier international (CFMI), le ministre égyptien des Affaires étrangères Youssef Boutros-Ghali, a dit que le FMI était résolu «à résoudre cette crise».

«Certains pourraient avoir un problème de liquidités. Le Fonds est là, il a été créé pour cela, et nous sommes prêts à fournir aux différents pays qui le désireraient les liquidités dont ils ont besoin», a expliqué le directeur général du FMI, Dominique Strauss- Kahn.

L'Islande, qui est l'un des pays les plus touchés par la crise et négocie avec la Russie pour obtenir un prêt de 4 milliards d'euros, a nié cette semaine avoir sollicité l'aide du FMI, tout en précisant que c'était une option en tant que membre du Fonds.

185 pays membres

Dans un communiqué, l'instance dirigeante du FMI, qui réunit 185 pays, a elle apporté son soutien au plan d'action en cinq points élaboré vendredi dans la capitale américaine par les ministres des Finances des grands pays industrialisés du G7.

Ce plan a pour ambition de débloquer les marchés monétaires, permettre aux banques de lever des capitaux auprès des secteurs public et privé et déverrouiller le marché du crédit immobilier.

La réunion du G7 s'est elle élargie samedi soir au «G20», en accueillant de grands pays émergents comme l'Afrique du Sud, le Brésil, la Chine et l'Inde.

Sans être annoncé, le président américain George W. Bush, qui a participé à cette réunion ministérielle, a reconnu que la crise était venue de son pays.

Réunion prévue dimanche

Le ministre brésilien de l'Economie, Guido Mantega dont le pays préside actuellement le G20, a proposé de transformer le G20 en forum pour gérer la crise financière afin de permettre aux pays émergents «de contribuer à la solution».

Auparavant, M. Bush et le G7 étaient convenus d'apporter «une réponse sérieuse à l'échelle mondiale» pour combattre la crise. «Chacun d'entre nous reconnaît qu'il s'agit d'une grave crise mondiale et par conséquent elle requiert une réponse sérieuse à l'échelle mondiale», a déclaré M. Bush à la Maison Blanche, à l'issue d'une réunion avec les ministres.

L'instance dirigeante du FMI a elle donné mandat à M. Strauss- Kahn pour tirer les leçons de la crise et recommander des mesures pour rétablir la confiance et la stabilité du système financier d'ici au mois d'avril 2009.

Les Européens, qui doivent eux décider d'un plan pour mettre en oeuvre les principes du G7, pourraient annoncer du concret dimanche à l'occasion d'une réunion à Paris des chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro (Eurogroupe). Ils pourraient s'accorder sur une entrée plus importante des Etats dans le capital des banques, selon la ministre française de l'Economie, Christine Lagarde.

Souhait

«Pour l'Europe, les enjeux ne pourraient pas être plus élevés, et il s'agit d'un moment de vérité», a dit le Premier ministre britannique, Gordon Brown.

Accusée d'avoir fait cavalier seul au début de la crise, en rejetant tout plan de sauvetage global des banques, l'Allemagne semble avoir fait volte-face. Berlin a annoncé vendredi un plan national de soutien au secteur bancaire, proche de celui proposé par Londres.

La conseillère fédérale Doris Leuthard n'a elle pas écarté samedi à Washington une croissance inférieure en Suisse de moins de 1 %, voire une récession technique, si la crise persiste. Le résultat dépendra notamment du comportement de l'Allemagne, a-t- elle estimé. Au FMI, la Suisse a plaidé pour un système bancaire mieux capitalisé et moins endetté. (ats)

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