Actualisé 01.05.2011 à 11:21

Sortie du nucléaireDoris Leuthard pressée de toutes parts

Doris Leuthard se trouve de plus en plus sous pression: elle devra présenter, au plus tard pour la session d'été du Parlement, un projet pour sortir la Suisse de l'énergie nucléaire.

«Le Conseil fédéral ne peut plus attendre avec la décision de sortir de l'énergie atomique; j'attends que le Conseil fédéral adopte une position claire d'ici la session d'été», a déclaré au «SonntagsZeitung» Christophe Darbellay, président du Parti démocrate-chrétien (PDC).

Le président du parti socialiste suisse (PS) Christian Levrat, ainsi que ceux des Verts Ueli Leuenberger, des Verts libéraux Martin Bäumle et du Parti bourgeois démocratique (PBD) Hans Grunder considèrent qu'il est clair qu'une «décision de fond est maintenant nécessaire».

Les partis gouvernementaux PDC, PS et PBD mettront l'objet à l'ordre du jour vendredi prochain des entretiens de Watteville avec les représentants du Conseil fédéral. Le gouvernement doit se réunir le 25 mai prochain pour une séance spéciale consacrée à la politique énergétique.

Les partis ont des indices que Doris Leuthard, PDC et responsable du Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication (DETEC), aimerait reporter la décision sur une éventuelle sortie du nucléaire.

«Le prix du courant augmenterait d'un tiers»

Si la Suisse venait à se priver d'énergie nucléaire, le prix du courant électrique augmenterait d'un tiers. C'est ce qu'a déclaré le patron d'Axpo, Heinz Karrer, à la «SonntagsZeitung». S'il reconnaît que la construction d'une nouvelle centrale nucléaire n'est pas à l'ordre du jour pour ces prochaines années, il ne veut pas enterrer cette de source d'énergie à long terme.

«Je laisserais l'option de l'énergie nucléaire ouverte à l'avenir», a déclaré Heinz Karrer au journal dominical alémanique. Selon lui, l'avis du monde politique peut à nouveau rapidement changer. Le patron d'Axpo observe que ce ne serait pas la première fois qu'il voit des politiciens changer d'opinion. Il a un avis favorable sur la position de la conseillère fédérale Doris Leuthard en ce qui concerne une éventuelle sortie du nucléaire: il est content qu'elle «aborde le sujet avec réalisme, contrairement à d'autres politiciens».

Heinz Karrer chiffre également les coûts d'une sortie anticipée de l'énergie nucléaire: ce serait un montant supérieur à 100 millions de francs par année. En outre, ce serait finalement au consommateur de payer: le prix du courant pourrait ainsi augmenter d'un tiers. Comme les sociétés électriques sont en mains des cantons, ce sont ces derniers et leurs citoyens qui verraient également leurs avoirs diminuer. (ap)

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