Actualisé

FranceDouble démission au gouvernement

Deux ministres français, dont celui chargé de la coopération, ont annoncé dimanche leur démission, alors qu'une série d'affaires mêlant conflit d'intérêts, passe-droits et train de vie dispendieux mine le gouvernement.

Alain Joyandet et Christian Blanc ont démissionné en même temps.

Alain Joyandet et Christian Blanc ont démissionné en même temps.

Alain Joyandet et Christian Blanc, secrétaires d'Etat respectivement à la Coopération et au Grand Paris, ont présenté dimanche leur démission du gouvernement, qui a été acceptée, a annoncé la présidence de la République.

Tous deux avaient été récemment mis en cause dans la presse en raison de leur train de vie.

«L'homme d'honneur que je suis ne peut accepter d'être victime d'un amalgame. Après mûre réflexion, j'ai décidé de quitter le gouvernement», a expliqué sur son blog, Alain Joyandet, qui était en charge du développement et notamment des relations avec les pays africains.

M. Joyandet avait été épinglé à deux reprises, ces derniers mois, par la presse: une première fois en mars pour avoir eu recours à la location d'un avion privé pour 116.500 euros lors d'un déplacement ministériel en Martinique (Antilles), et une autre en juin quand il a été soupçonné d'avoir bénéficié d'un permis de construire illégal pour agrandir la maison qu'il possède près de Saint-Tropez, dans le sud de la France.

«Pas un euro public n'a été détourné pour mon enrichissement personnel ou celui de mes proches», a souligné M. Joyandet, en se félicitant d'avoir «oeuvré pour les pays en voie de développement, le renforcement de nos liens avec l'Afrique et la promotion de la francophonie dans le monde».

Pour sa part, le secrétaire d'Etat chargé du Développement de la région de Paris, Christian Blanc, avait été sévèrement critiqué pour avoir acheté pour 12.000 euros de cigares cubains sur des fonds publics.

Ces deux démissions s'inscrivent dans une série de polémiques autour du train de vie des ministres français et de leur implication présumée dans des affaires politico-judiciaires, qui ne cesse d'enfler depuis plusieurs semaines.

Le ministre du Travail, Eric Woerth, fait figure de principal accusé: il est soupçonné de «conflit d'intérêts» pour avoir été ministre du Budget (2007 à mars 2010) à une époque où son épouse gérait une partie de la fortune de l'héritière du géant des cosmétiques L'Oréal, Liliane Bettencourt, soupçonnée de possibles fraudes fiscales.

Il est un ministre clé, chargé de porter la douloureuse et impopulaire réforme des retraites qui doit marquer la fin du mandat de Nicolas Sarkozy.

D'autres membres du gouvernement sont mis en cause pour avoir logé dans des hôtels hors de prix ou faire occuper leur logement de fonction par leur famille.

Ces révélations successives tombent au plus mal pour le président Nicolas Sarkozy, qui avait promis une République exemplaire, et alors que le gouvernement vient d'adopter des mesures de rigueur budgétaire, tout en affrontant l'impopularité de la réforme qui prévoit de repousser l'âge de départ à la retraite à 62 ans (contre 60 ans actuellement).

Mercredi, en recevant les députés de son parti, le chef de l'Etat avait promis de tirer «sévèrement» les conséquences de ces affaires, et annoncé qu'il remanierait son gouvernement en octobre.

Mais Nicolas Sarkozy a été contraint d'agir plus vite que prévu, pour tenter de désamorcer les attaques de l'opposition. Son ancienne adversaire socialiste à la présidentielle de 2007, Ségolène Royal, a ainsi jugé que «le système Sarkozy est aujourd'hui corrompu», tandis que la dirigeante du Parti socialiste Martine Aubry a dénoncé «un entrelacs fâcheux entre le pouvoir politique et les intérêts de l'argent».

Et selon un sondage Viavoice à paraître lundi dans le quotidien Libération, près de deux Français sur trois (64%) jugent leurs dirigeants politiques «plutôt corrompus». (afp)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!