Actualisé 21.03.2020 à 12:01

Football

Doumbia s'exprime, Constantin dégaine

Licencié comme 8 de ses coéquipiers de Sion, l'attaquant ivoirien a tenu à rétablir sa vérité et évoque l'absence de dialogue comme origine du conflit. «CC», lui, accable ses joueurs.

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Sport-Center/nxp
Seydou Doumbia s'était engagé au FC Sion début septembre.

Seydou Doumbia s'était engagé au FC Sion début septembre.

Keystone/Laurent Gillieron

L'heure est aux règlements de comptes en Valais. Les 9 joueurs du FC Sion licenciés avec effet immédiat par Christian Constantin jeudi (Pajtim Kasami, Alex Song, Ermir Lenjani, Xavier Kouassi, Seydou Doumbia, Mickaël Facchinetti, Christian Zock, Birama Ndoye, Johan Djourou) ne comptent pas en rester là. Critiqués de toutes parts pour avoir refusé de passer au chômage technique, motif de la sentence présidentielle, ils commencent désormais à répliquer pour laver leur honneur.

Seydou Doumbia est le premier à s'expliquer en longueur. L'attaquant international ivoirien a posté un long message sur Instagram, vendredi soir. «Le mardi 17 mars à 17 heures, nous joueurs, recevons un courrier nous demandant d'accepter de signer ou de refuser de signer sans discussion, une réduction drastique de notre rémunération sans aucune perspective d'aménagement», explique-t-il.

Il évoque ensuite une réunion «en urgence à 19 heures» entre l'ensemble des joueurs: «Tous les joueurs professionnels sans exception, décidons de ne pas accepter une telle démarche, ni dans la forme, ni dans le fond.»

Le lendemain, lorsqu'il reçoit le courrier nominatif concernant le choix à opérer, Doumbia décline. «Suite à la réunion tenue la veille avec l'ensemble des joueurs, le bon sens m'a commandé de refuser une telle lettre. Moins de 30 minutes après, je recevais toujours par le même canal une lettre de licenciement!»

Kouassi: «C'est du chantage»

L'ancien joueur de Bâle et l'AS Rome achève son message en s'adressant aux supporters valaisans. «Il n'y a eu, de la part de mes coéquipiers et moi, aucun manque de considération ou alors tout autre argument, qui a conduit à cette situation. Il n'y a eu aucun dialogue, aucune mesure d'accompagnement, rien de tout cela.»

Cité par le Blick, Xavier Kouassi a livré la même version des faits: «C'est une question de communication. Nous ne sommes pas des rebelles. Nous aimons tous le FC Sion. Nous aimons le Valais et les gens d'ici. Nous sommes prêts à aider et faire des efforts. Mais ce qu'il s'est passé, c'est du chantage!»

Constantin pointe l'égoïsme de ses joueurs

De son côté, Christian Constantin s'est exprimé dans L'Équipe. Et comme à son habitude, il n'a pas mâché ses mots: «J'ai choisi de virer les plus vieux, ceux qui me coûtaient le plus cher. Quand je vois les efforts des joueurs du Borussia Mönchengladbach, qui ont décidé de renoncer à une partie de leur salaire, les efforts des joueurs de grands clubs français comme Marseille, qui acceptent le chômage partiel... Je trouve indécent que certains ne veuillent pas faire d'efforts, chez nous, alors que l'on doit faire face à une guerre sanitaire mondiale.»

Le boss de Tourbillon justifie également sa décision par un argument juridique. «C'est tout simplement la loi suisse, assure-t-il. Elle dit que l'on peut procéder à une résiliation de contrat en raison de force majeure, quand l'activité du contrat ne peut être atteinte sans le fait d'aucune des deux parties.»

Une version contestée dans nos colonnes par Lucien Valloni, président du syndicat des joueurs: «Il s'agit d'un licenciement abusif car les contrats à durée déterminée n'autorisent pas de chômage technique. Et le cas de force majeure ne fonctionne pas, car il existe encore la possibilité que le championnat aille à son terme.»

Désormais, bien malin sait comment va évoluer l'affaire. Lucien Valloni ne ferme pas la porte à un retour en arrière: «Si on trouve une solution qui convient à tout le monde, ce n'est pas impossible qu'ils acceptent de rester.»

Le bras de fer ne fait que commencer.

Brice Cheneval

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