Actualisé 15.01.2016 à 20:53

France

Douze ans de prison pour avoir défenestré son père

Un Alsacien de 28 ans a été condamné à la prison pour avoir roué de coups puis jeté par la fenêtre son père handicapé.

Photo d'illustration - Le cadavre de la victime avait été découvert par un voisin le lendemain des violences perpétrées par son fils.

Photo d'illustration - Le cadavre de la victime avait été découvert par un voisin le lendemain des violences perpétrées par son fils.

photo: Keystone

Un homme qui avait défenestré mortellement en octobre 2013 son père, un sexagénaire lourdement handicapé qu'il disait ne plus supporter, a été condamné vendredi à 12 ans de réclusion aux assises à Strasbourg.

Dans cette affaire de parricide, Franck Kilar, 28 ans, était jugé depuis mercredi devant les assises du Bas-Rhin pour avoir roué de coups et défenestré du premier étage de sa maison son père le 26 octobre 2013 à Reitwiller, un village au nord de Strasbourg.

La victime, Jean-Claude Kilar, 67 ans, était décédée peu après des suites de ses blessures.

Paraplégique suite à une rupture d'anévrisme

Le jeune homme a été reconnu coupable de violences volontaires sur son père, ayant entraîné la mort sans intention de la donner. L'avocat générale, Valérie Itis, avait réclamé 14 ans de réclusion à son encontre.

Le jour des faits, l'accusé s'était rendu avec sa petite amie chez son père, un mécanicien à la retraite devenu paraplégique en 2004 après une rupture d'anévrisme et amputé de ses deux jambes.

La rencontre entre les deux hommes avait tourné à la dispute, le fils rouant de coups de poings et de pieds le retraité grabataire, avant de le jeter par une fenêtre à l'étage de la maison.

Découvert le lendemain

Grièvement blessé, gisant au pied de son domicile, le père avait souffert de multiples fractures. L'accusé était ensuite parti rechercher la victime pour la ramener dans son lit, la laissant agoniser. Le sexagénaire était décédé dans la nuit d'une embolie graisseuse, tandis que le jeune couple dormait à l'étage.

Le cadavre de la victime avait été découvert le lendemain par un voisin.

Jugée pour non-assistance à personne en danger, la compagne du fils, coaccusée, a été condamnée à 12 mois de prison avec sursis. Le ministère public avait requis 18 mois, relevant qu'elle «n'a offert à la victime aucune chance de survie», en ne prévenant pas les secours.

«C'est le père qui avait peur de son fils!»

Durant son procès, l'accusé a continuellement nié avoir voulu tuer son père. Mais dans son réquisitoire, l'avocate générale a souligné que Franck Kilar avait, en dépit de ses dénégations, «tout fait pour arriver à ce résultat».

«Franck Kilar se retranche derrière le fait que son père était un tyran. Mais au moment où Jean-Claude Kilar est mort c'est lui qui avait peur de son fils !», s'est exclamée l'avocate générale.

Lors des plaidoiries, Me Jérôme Caen, avocat de la jeune femme, a défendu le fait que sa cliente était venue passer avec Franck Kilar un week-end en amoureux dans la maison qu'elle croyait être la sienne, avant que n'éclate la dispute et le déchaînement de violences.

«Elle était terrorisée»

En apercevant le tronc d'un homme en contrebas de la fenêtre de maison, «sa vie bascule à cet instant-là (...) Elle a été témoin d'une scène qu'un psychiatre a ici qualifié d'interdit absolu, le parricide.»

«Elle était terrorisée» ce qui explique qu'elle n'a rien fait, a estimé son conseil en demandant la relaxe de sa cliente.

Pour Me Sylvia Da Costa, avocate de Franck Kilar, citant les explications de son client, l'élément déclencheur étaient les propos du père, qui «savait taper là où ça fait mal». Son avocate a demandé une peine juste tenant compte de l'enfance douloureuse «privée de manifestations d'amour», mais «remplie de violences intrafamiliales». (nxp/afp)

(NewsXpress)

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