Drame d'Amstetten: cas typique de «narcissisme malin» doublé du plaisir de nuire

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Drame d'Amstetten: cas typique de «narcissisme malin» doublé du plaisir de nuire

Le cas du père incestueux d'Amstetten, est un cas typique de «narcissisme malin» doublé du plaisir de nuire, selon le criminologue et psychiatre autrichien Thomas Müller.

Le criminel a séquestré et violé pendant 24 ans sa fille dans sa cave, viols dont sont nés sept enfants.

Interrogé par la radio nationale Ö3, M. Müller, auteur d'un ouvrage «L'homme, ce monstre» sur ses expériences avec des cas semblables, a expliqué que pour ce genre de criminels l'amour de la puissance passe par la réduction de ses proches à l'esclavage.

«Ils souffrent de narcissisme malin, ce sont des personnes qui ne peuvent élever leur personnalité ou atteindre leur idéal par eux- même, mais tentent d'obtenir le même effet en amoindrissant les autres en les séquestrant, en les faisant souffrir» afin de se sentir puissants, a-t-il précisé.

«C'est comme si ces gens avaient un grand trou noir en eux-même et qu'avec chaque acte de sadisme ils remplissent le trou noir un peu plus, mais en fait le trou s'agrandit de plus en plus.»

Insatisfaits, ils recommencent

A la question de savoir pourquoi ils recommencent régulièrement, Thomas Müller a répondu: «Ils sont satisfaits pendant un court laps de temps et découvrent ensuite que ces actes de sadismes ne correspondaient pas exactement à ce qu'ils avaient imaginé, alors ils recommencent».

Sur les motivations qui peuvent pousser un père à abuser sexuellement de sa propre fille, Thomas Müller a expliqué que le viol, «lorsque l'enfant n'a que onze ans, est une forme d'exercice de sa puissance parce qu'on contrôle mieux son propre enfant» que quiconque d'autre.

«Mais lorsque la fille grandit, il y a un risque qu'elle se rebelle alors le criminel doit trouver un moyen pragmatique de surmonter cela, par exemple en construisant un bunker dans lequel on l'enferme», a-t-il ajouté.

Il a aussi expliqué qu'en rendant les captifs entièrement dépendants de lui, il assouvit son désir de puissance qui augmente à chaque fois qu'il leur apporte de la nourriture par exemple. Le criminel est à la fois satisfait de voir qu'on a besoin de lui et qu'il a une nouvelle fois pu tromper tout son entourage qui continue d'ignorer ses agissements.

(ats)

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