Actualisé 13.07.2007 à 19:22

Drame de la Jungfrau: une cérémonie du souvenir aura lieu mardi

Une cérémonie aura lieu mardi à l'église d'Andermatt (UR) en mémoire des six militaires décédés jeudi à la Jungfrau.

Le conseiller fédéral Samuel Schmid devrait y prendre part, a indiqué Kirsten Hammerich, porte-parole des Forces terrestres.

Les familles des victimes qui le désirent y prendront part. De leurs côtés, les cantons du Valais, de Vaud et de Fribourg ont exprimé par écrit toute leur sympathie aux familles des victimes. En plus des autorités militaires, des représentants des cantons y participeront.

Au niveau de l'enquête, la justice militaire collabore étroitement avec la police bernoise, l'Institut fédéral pour l'étude de la neige et des avalanches (ENA) à Davos (GR) ainsi que l'Institut de médecine légale de Berne, a indiqué à l'ATS Martin Immenhauser, porte-parole de la justice militaire.

Vendredi matin, la justice militaire a ouvert une enquête en complément de preuves contre inconnu. Il s'agit d'une procédure habituelle en cas d'accident. Les résultat sont attendus pour le mois d'octobre.

Les premiers éléments ont démontré que le groupe auquel appartenaient les six militaires n'était pas équipé de détecteurs de recherches en cas d'avalanche, a révélé vendredi Bruno Durrer, médecin de secours dépêché la veille sur les lieux. Il a aussi précisé que ce fait n'avait rien d'inhabituel en été.

Spécialistes de montagne nécessaires

Interrogé par la presse suisse, le commandant des troupes spécialisées de montagne Andreas Bardill défend la raison d'être des expéditions de ses hommes. Pour lui, l'armée a besoin de soldats qui savent se déplacer en haute montagne, même si une éventuelle guerre en Suisse ne saurait avoir lieu sur les crêtes.

«Lors d'engagements sur des terrains difficiles, l'homme le plus expérimenté du groupe porte la responsabilité technique. Cette règle est valable tant pour les expéditions civiles que militaires», a-t-il précisé à l'ATS.

Chaque armée travaille par principe sur des terrains difficiles. Pour s'exercer dans les conditions d'une situation de crise, il faut un environnement hostile, selon lui. Mais les militaires spécialisés ne vont en revanche «en aucun cas» au-delà de leurs limites, ajoute-t-il. «Nous évaluons les dangers et les risques de la même manière que le font les alpinistes amateurs.»

M. Bardill n'entend pas minimiser l'accident tragique de la Jungfrau mais «d'autres événements comparables se sont déjà produits». Et de rappeler que lors de la Première Guerre mondiale, des compagnies entières ont été englouties sous la neige.

Pas d'expédition vendredi

L'ambiance était pesante vendredi à la cabane du Mönch, d'où sont parties les six victimes. Aucun des alpinistes présents n'a entrepris l'ascension du sommet, a indiqué la gardienne de la cabane, Heidi König.

Personne n'est redescendu en plaine à cause de l'accident mais certains des 35 alpinistes présents ont changé leurs projets. Un groupe d'Espagnols qui voulait aller à la Jungfrau est parti au Mönch.

Le danger d'avalanches reste pour l'heure accru en haute montagne. Il baisse toutefois continuellement avec le tassement de la neige fraîche, selon Thomas Stucki, de l'ENA. Il ne s'agit pas de déconseiller toute course en montagne. Mais au cours du week- end, les alpinistes devront se montrer attentifs aux conditions locales d'enneigement avant de partir.

(ats)

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