Genève: Drogue et bijoux planqués dans le tableau de bord
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GenèveDrogue et bijoux planqués dans le tableau de bord

Les gardes-frontière ont présenté mardi le travail des spécialistes chargés de dénicher les planques aménagées dans les voitures. Les cachettes sont de plus en plus élaborées.

par
David Ramseyer

Vidéo WebTV Genève

«Les cachettes sont partout: à la place des airbags, derrière le tableau de bord, dans les roues, sans parler des faux coffres et des faux réservoirs d'essence.» L'imagination des trafiquants pour dissimuler leur marchandise dans des véhicules paraît sans limite, à en croire le porte-parole des gardes-frontière genevois Michel Bachar.

Verrouillage électrique

Ce mardi, l'Equipe Vérification Automobile (EVA) a dévoilé - en partie seulement, sécurité des opérations oblige - le travail de ses spécialistes. La dizaine d'hommes qui compose cette brigade est chargée de dénicher les planques utilisées par les fraudeurs et les trafiquants de toute sorte. Ces derniers utilisent les vides naturels de la carrosserie, comme par exemple l'intérieur des portes. Mais pas seulement. «Ils fabriquent leurs propres caches et elles sont de plus en perfectionnées, précise le sergent Aldo. Elles ne s'ouvrent qu'avec des dispositifs électriques ou électroniques soigneusement camouflés.» Une voiture interceptée il y a quelques jours en région genevoise comportait une planque dans le bas de caisse. Pour l'ouvrir, il fallait d'abord mettre le contact puis frotter contre une vis un câble électrique dénudé et caché sous le tableau de bord. Cela créait une impulsion électrique qui permettait d'ouvrir la cachette, d'une contenance d'environ 10 litres.

«Le volume peut aller jusqu'à 220 litres, soit l'équivalent d'un bas de coffre. Ces importantes cachettes se trouvent par exemple entre les sièges arrières et le coffre, souligne Michel Bachar. C'est une technique récurrente chez les trafiquants.» Les fouilles durent plusieurs heures, indique le sergent Aldo: «Une fois lancé, on va jusqu'au bout, on regarde partout et des chiens peuvent aussi nous aider.» Les produits cachés vont des stupéfiants aux bijoux volés, en passant par des armes et des cigarettes de contrebande.

Fabriquer une planque: un crime!

Le simple fait d'aménager une cache, même si elle est vide lorsqu'elle est trouvée, constitue une infraction à l'article 104 de la Loi sur les douanes. Dans ces cas-là, le véhicule est saisi et à moins de pouvoir garantir que la cachette ne pourra plus jamais être utilisée, l'auto ne sera pas rendue.« On l'utilise alors pour la formation de nos agents», glisse Michel Bachar. Lorsque la vérification ne donne rien, le véhicule est remonté. Les agents de l'EVA effectuent même de petites réparations, le cas échéant. En cas de dommages causés par le travail des spécialistes, les frais sont remboursés au propriétaire du véhicule par la Confédération.

La brigade est intervenue 166 fois l'an dernier: 100 fois pour les gardes-frontières (30% de résultats positifs), 64 fois à la demande de la police genevoise (43,75% de résultats positifs) et deux fois pour les douanes. La statistiques plus élevée concernant les fouilles effectuées pour la police s'explique par le fait que ces recherches font souvent suite à une enquête. Aux douanes, les agents se lancent dans des vérifications à l'instinct ou sur la base de comportements suspects.

La galerie photo du travail des gardes-frontière

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