Actualisé 20.04.2006 à 20:51

Drogués aux jeux vidéo?

Les jeux vidéo sont voraces en temps. Une fondation genevoise s'est spécialisée en la matière.

«La nuit dernière, je n'ai pas dormi et cette nuit non plus, raconte Christophe, 16 ans. En général, je fais deux nuits blanches, puis je dors et je refais deux nuits blanches.» Christophe a découvert les jeux vidéo à 9 ans. Il vit sa vie par écran interposé. Après avoir raté sa neuvième année, il est devenu joueur à plein temps.

Philippe Stephan, pédopsychiatre au CHUV, est catégorique: les adolescents ne sont pas accros aux jeux comme on peut l'être à une drogue. «La dépendance est passagère. Certains se replient sur eux-même. Ils se créent un monde virtuel, moins hostile.»

«World of Warcraft», jeu en ligne préféré de Christophe, évolue même lorsqu'on est déconnecté. «Pour que mon personnage ne régresse pas, je joue non-stop», dit-il. «Si l'ado n'arrive pas à se mettre des limites, une personne doit l'aider», dit le Dr Stephan.

La psychiatre Marina Croquette Krokar, est d'avis que les joueurs ont bien les mêmes symptômes de dépendance psychologique que les drogués. En 2005, elle a traité 15 cas de «cyberdépendance», de 11 à 18 ans, dans son centre de Chêne, unique en Suisse romande. Le phénomène est en augmentation. Seul traitement reconnu: la psychothérapie.

Le plus grand événement sur le manga et le jeu vidéo en Suisse, Polymanga, a lieu se week-end à Palexpo.

Sabrine Gillièron

Centre de Chêne: 022/869 40 40

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