Actualisé 26.06.2019 à 08:55

Arabie SaouditeDroits de l'homme: des ONG ont écrit à Cassis

Quarante ONG demandent à Ignazio Cassis et 47 autres chefs de la diplomatie un meilleur suivi des droits de l'homme en Arabie saoudite.

Ciblée par plusieurs organisations pour ne pas avoir rejoint la déclaration conjointe en mars, la Suisse rétorque que son chef de la diplomatie avait alors rendu hommage à M. Khashoggi dans son discours à l'ouverture du Conseil

Ciblée par plusieurs organisations pour ne pas avoir rejoint la déclaration conjointe en mars, la Suisse rétorque que son chef de la diplomatie avait alors rendu hommage à M. Khashoggi dans son discours à l'ouverture du Conseil

Keystone/Photo archives

Quarante ONG demandent à Ignazio Cassis et 47 autres chefs de la diplomatie un mécanisme de suivi des droits de l'homme en Arabie saoudite. Elles ont dévoilé mercredi à Genève une lettre, avant l'examen de l'affaire Khashoggi au Conseil des droits de l'homme.

Dans ce courrier daté du 4 juin, les ONG, dont l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT) établie à Genève, mentionnent peu le cas du journaliste saoudien assassiné en octobre dernier au consulat de son pays à Istanbul. Seulement pour relayer les reproches de violation des standards internationaux dans les procès contre plus d'une dizaine de suspects poursuivis pour le meurtre.

Des centaines d'exécutions

Les ONG se disent inquiètes par l'exécution récente de 37 hommes et par la détention arbitraire de défenseurs des droits de l'homme, notamment des femmes. Elles demandent une résolution du Conseil pour un mécanisme de surveillance et elles appellent à la libération des femmes retenues.

Depuis une déclaration conjointe, la première contre Ryad, de plus de 35 Etats lors de la précédente session de l'instance onusienne, sept d'entre elles ont déjà été relâchées. Preuve, selon les organisations, que la pression au Conseil peut aboutir à des changements.

Inquiétant toutefois selon les ONG, aucune investigation «crédible» n'a été menée sur la torture présumée à laquelle ont fait face ces femmes. Et plusieurs personnes qui les soutiennent ont été récemment arrêtées. Parmi leurs autres revendications, les organisations demandent un moratoire sur la peine capitale, alors que des centaines d'exécutions ont eu lieu ces dernières années.

Difficile pour la Suisse

La Suisse ne s'était pas associée à la déclaration conjointe qui demandait la relaxe de ces femmes et la collaboration saoudienne aux investigations de la rapporteuse spéciale de l'ONU contre les exécutions extrajudiciaires Agnès Callamard sur le meurtre de M. Khashoggi. Elle ne pourrait pas voter une éventuelle résolution étant donné qu'elle n'est plus membre de l'instance. Mais les ONG ont malgré tout envoyé leur lettre au conseiller fédéral Ignazio Cassis.

Ciblée par plusieurs organisations pour ne pas avoir rejoint la déclaration conjointe en mars, la Suisse rétorque que son chef de la diplomatie avait alors rendu hommage à M. Khashoggi dans son discours à l'ouverture du Conseil. Berne «est dans une position particulière sur ce dossier, en raison du mandat de puissance protectrice qu'elle assure pour l'Arabie saoudite et l'Iran», a expliqué il y a quelques jours à Keystone-ATS l'ambassadeur suisse auprès de l'ONU à Genève Valentin Zellweger.

M. Cassis n'avait pas pour autant ciblé Ryad. Mais le fait qu'il ait abordé cette affaire «expressément» est un «message fort», insiste M. Zellweger. Mercredi après-midi, le Conseil doit discuter le rapport de Mme Callamard qui met en cause le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane («MBS») et demande au secrétaire général de l'ONU des investigations internationales. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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