Actualisé 25.02.2011 à 13:19

Révolte en LibyeDroits humains bafoués: la Suisse dit stop

La Suisse a demandé vendredi à l'ONU que les violations des droits humains cessent immédiatement en Libye.

La Suisse a rendu hommage au courage des victimes, lors du débat organisé au Conseil des droits de l'homme, réuni en session extraordinaire à Genève.

La Suisse a exprimé son soutien à la suspension des droits de la Libye en tant que membre du Conseil des droits de l'homme et au projet de résolution présenté par l'Union européenne (UE) condamnant la Libye.

Courage des manifestants

«La Suisse exprime ses condoléances aux familles des victimes et rend hommage à leur mémoire et à leur courage. Eu égard à son expérience avec les autorités libyennes, la Suisse est très consciente du courage dont ils font preuve en descendant dans la rue en Libye et en revendiquant leurs droits démocratiques», a déclaré l'ambassadeur de Suisse auprès de l'ONU Dante Martinelli.

Il a «condamné avec fermeté» les violations des droits humains qui ont eu lieu en Libye, «en particulier les exécutions extrajudiciaires de manifestants par les forces de sécurité libyennes».

«Selon différentes sources, plusieurs centaines de personnes ont été tuées en quelques jours et les blessés se comptent probablement par milliers», a souligné le représentant du Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE).

Accès des organisations humanitaires

«La Suisse demande que soient respectés sans délai les droits humains fondamentaux que sont le droit à la vie, l'interdiction de la torture et la liberté d'opinion, de réunion et d'information. Pour que la sécurité et l'Etat de droit soient établis de manière durable en Libye, il faut que les violations des droits humains cessent immédiatement», a déclaré l'ambassadeur.

Il a exhorté les autorités libyennes à agir «pour que les blessés soient pris en charge et qu'une aide leur soit apportée rapidement» et qu'elles «coopèrent immédiatement avec les agences humanitaires nationales et internationales et leur permettent d'accéder sans entraves au pays».

La Suisse a demandé en outre que les graves violations des droits humains commises en Libye «fassent l'objet d'une enquête internationale, indépendante, impartiale et crédible dans les meilleurs délais, et que les personnes responsables de ces violations soient poursuivies et jugées».

«Il est indispensable aussi qu'un dialogue soit initié entre les différents groupes dans la perspective d'un nouveau départ respectant la volonté du peuple libyen», a ajouté l'ambassadeur de Suisse.

Musratha désertée par les pro-Kadhafi

Musratha, la 3e ville en Libye, à quelque 150 km à l'est de Tripoli, a été désertée par les loyalistes au régime de Mouammar Kadhafi. Mais des affrontements ont eu lieu sur une base aérienne située à proximité qui ont fait de nombreux morts, a indiqué un habitant.

Musratha a «été libérée par les révolutionnaires du 17 février», a-t-il dit en allusion à la date de la «Journée de la colère» contre le régime libyen à laquelle avait appelé l'opposition en exil. Si cette information se confirmait, cela signifierait que le mouvement anti-Kadhafi se rapproche de la capitale par le côté est.

Selon l'habitant, des combats violents ont opposé les «moujahidine au bataillon Hamza formé de quelque 500 militaires déployés dans la base aérienne» à quelque 4 km de la ville. «Il y a eu une trentaine de martyrs parmi nos combattants», mais les «moujahidine vont lancer un nouvel assaut contre la base».

Il a ajouté que des milliers de personnes allaient participer dans la journée aux funérailles des «martyrs». «Les jeunes du mouvement des 'révolutionnaires du 17 février' ont placé des conteneurs et des sacs de sable» pour fortifier la ville, selon cet habitant sympathisant de l'opposition.

De violents combats meurtriers avaient opposé ces derniers jours à Musratha partisans du régime «appuyés par des mercenaires africains» et manifestants, selon plusieurs témoignages. (ats)

Libye absente des débats

Le siège de la Libye est resté vide vendredi à l'ouverture des débats du Conseil des droits de l'homme sur les violations commises dans ce pays, a constaté l'ATS. Le représentant libyen à Genève a également boycotté les consultations préparatoires.

La Libye est représentée à Genève par l'ambassadeur Ibrahim A.E. Aldredi. Les diplomates libyens n'ont pas participé aux discussions préparatoires sur le projet de résolution présenté par l'Union européenne ces deux derniers jours, ont précisé des sources diplomatiques.

Vendredi, à l'ouverture des débats, le président du Conseil a constaté que le pays concerné par les discussions, la Libye, était absent, alors qu'il est de coutume qu'il prenne la parole. Le représentant de Tripoli ne pourra donc commenter le texte qui condamne les violations massives commises par les autorités de Tripoli.

Depuis le début des événements en Libye il y a dix jours, l'ambassadeur Aldredi a gardé le silence. La mission libyenne auprès de l'ONU à Genève ne répondait pas au téléphone vendredi matin.

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