Proxénétisme à Lille: «DSK est un libertin qui assume»

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Proxénétisme à Lille«DSK est un libertin qui assume»

L'une des «secrétaires d'Eiffage» (groupe de construction français), qui s'est rendue à Washington pour participer à une partie fine avec DSK à la veille de son arrestation dans l'affaire du Sofitel, témoigne.

par
cga

Florence V., une brunette d'une trentaine d'années qui vit dans le nord de la France, a été entendue par les policiers la semaine dernière dans l'affaire de proxénétisme qui secoue les notables lillois. Les enquêteurs voulaient comprendre les raisons de son voyage à Washington, du 11 ou 13 mai dernier, soit la veille de l'arrestation de DSK dans l'affaire du Sofitel.

«C'est l'une des deux femmes que tout le monde cherchait, car elle a vu beaucoup de choses», confirme un policier. Lors de ce séjour dans la capitale américaine, deux escort-girls, présentées comme des «secrétaires» d'un groupe de construction français, affirment avoir eu des relations sexuelles avec Dominique Strauss-Kahn, alors patron du FMI, au W Hôtel, un établissement quatre étoiles au cœur de Washington.

Relation libertine et consentie

Lors de son audition, la jeune femme, qui se présente comme «une libertine» et non pas comme une prostituée, a affirmé avoir eu une relation «consentie» avec Strauss-Kahn, qu'elle avait déjà rencontré en France. Elle présente ces soirées comme «libertines entre adultes consentants» et décrit DSK comme «plutôt agréable et très charismatique». «C'est un libertin qui assume, il n'a pas été violent avec moi», explique-t-elle, citée par M6.

Florence V. a avoué avoir été payée «en liquide» pour son voyage à Washington, mais elle n'a pas précisé le montant de cette rémunération.

Des partouzes au restaurant

L'un des hommes mis en examen dans l'affaire de proxénétisme à Lille, qui dirige une société de construction, a également raconté dans le détail les parties fines auxquelles DSK prenait part. La première rencontre avec l'homme politique socialiste a eu lieu dans un restaurant chic du XVIe arrondissement de Paris, selon «Le Point». «Dans le restaurant, il y avait une salle fermée, j'y suis descendu avec les deux filles, et DSK est venu nous rejoindre après. Dans cette pièce, il y a eu des relations sexuelles», raconte le coorganisateur des soirées tarifées selon le procès-verbal de son audition. «En fait, c'est Fabrice (n.d.l.r.: un autre prévenu mis en examen) qui m'a dit qu'on avait l'occasion de déjeuner avec DSK et qu'il appréciait que je ramène des copines, en fait des prostituées.»

Lors de cette rencontre, une prostituée aurait été malmenée. «J'ai su qu'il y avait eu un truc en descendant dans les toilettes», a-t-il expliqué au policier sans donner plus de précisions. Il précise également que toutes les participantes à ces soirées ne sont pas des prostituées, il y avait aussi des femmes libertines. «Elles ont un boulot, elles sont architectes ou photographes. Et elles ne sont que défrayées pour leur participation.»

D'après les témoignages, il s'agissait de «filles intelligentes, capables de soutenir une discussion politique avec DSK». Et l'ancien patron du FMI semblait apprécier cela.

Les avocats de DSK demandent une foule de documents au Sofitel

Les avocats de Dominique Strauss-Kahn ont demandé une masse d'informations au Sofitel, dans le cadre de la procédure civile entamée à New York contre DSK par la femme de chambre Nafissatou Diallo.

Selon des documents de justice publiés mercredi, ils ont notamment assigné le Sofitel, pour obtenir les éventuels compte-rendus de toutes les déclarations qu'aurait pu faire Nafissatou Diallo, par écrit ou à l'oral, sur son agression présumée.

Ils réclament toutes les informations disponibles sur les entrées et sorties de la suite occupée le 14 mai par l'ancien patron du FMI, le détail de l'emploi du temps et des affectations de Mme Diallo entre le 1er janvier et le 31 mars 2011, ainsi que «tous les documents qui pourraient faire référence à l'agression sexuelle supposée».

Ils exigent les éventuels compte-rendus de toutes les déclarations qui pourraient avoir été faites par des employés, des clients ou d'autres personnes, en liaison avec Dominique Strauss-Kahn ou avec l'agression sexuelle présumée.

Le Sofitel doit également remettre le détail des appels téléphoniques passés depuis la chambre 2820, qu'avait nettoyée Mme Diallo le 14 mai et dans laquelle elle serait retournée après l'agression présumée.

Le Sofitel a objecté à certaines de ces demandes, faisant valoir qu'elles étaient trop vagues, ambiguës, qu'elles recherchaient des informations qui n'étaient pas utiles à la procédure civile, ou à l'inverse redemandaient certains document déjà transmis.

Les avocats de DSK ont donné 20 jours au Sofitel pour s'exécuter, un délai également jugé trop court par les avocats du Sofitel.

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