FMI: DSK s'excuse devant le personnel
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FMIDSK s'excuse devant le personnel

Dominique Strauss-Kahn a présenté lundi ses excuses aux employés du Fonds monétaire international (FMI) à Washington.

Dominique Strauss-Kahn a refermé lundi à Washington quatre années américaines, «les plus intéressantes de sa carrière» a-t-il dit devant plusieurs centaines de ses ex-collègues du Fonds monétaire international (FMI). DSK a fait publiquement acte de contrition.

Dans une ambiance empreinte d'émotion, l'ancien directeur du FMI a rencontré plusieurs centaines de personnes au siège du Fonds pour leur dire «au revoir» et leur présenter ses excuses pour le tort que sa conduite a pu occasionner, ont indiqué des témoins à l'AFP. La presse n'avait pas été autorisée à assister à son grand retour.

«C'était une erreur de ma part»

Selon deux témoins, l'ancien ministre français a répété par trois fois: «Je suis venu ici pour m'excuser auprès de ceux qui ont été blessés par toute cette histoire [...] c'était une erreur de ma part [...] et je suis désolé des répercussions négatives que cela a eu pour cette institution».

Mais DSK, qui était accompagné de son épouse Anne Sinclair, ne s'est pas étendu sur ses déboires. Parlant sans notes, il a dit être là «pour clore» son passage à la tête du Fonds monétaire.

Toujours selon des témoins présents à Washington, l'ex-directeur général a fait à plusieurs reprises l'éloge du personnel du FMI.

La rencontre a rassemblé quelque 700 personnes - environ la moitié des employés du FMI à Washington - dans la grande salle des conférences. «L'ambiance (était) très positive», a expliqué un témoin. Il y a eu «des applaudissements», «des prises de photos», «un peu d'émotion aussi» parmi les employés. M. Strauss-Kahn semblait lui aussi «assez ému».

«Son discours, a été fortement applaudi», plus que son arrivée a indiqué un autre témoin à l'AFP. «Il a été très au-delà de ce qu'on pouvait attendre», a encore ajouté ce dernier, relevant la «contrition» de celui qui avait pris la tête du FMI en 2007.

Mme Lagarde louée

M. Strauss-Kahn a également estimé qu'on ne pouvait lui «trouver meilleur successeur» que Christine Lagarde (qui a pris la tête du FMI en juillet), et «pas uniquement parce qu'elle est Française».

Quant à l'éventualité d'un tête-à-tête lundi à Washington entre DSK et Christine Lagarde, comme seul commentaire, un porte-parole du Fonds a indiqué que Mme Lagarde avait «rencontré brièvement» son prédécesseur avant que celui-ci ne s'adresse aux employés.

M. Strauss Kahn a estimé que le FMI avait «un rôle important à jouer»: «Je ne suis pas trop optimiste pour ce qui va arriver [...] raison pour laquelle son rôle sera essentiel dans les mois qui viennent.»

«Il a reçu un accueil très chaleureux», a pour sa part expliqué Paulo Nogueira Batista, qui représente le Brésil et huit pays d'Amérique latine au FMI. «Cela montre qu'il est très apprécié au sein de l'institution. Les gens ont applaudi très longtemps».

Selon un photographe de l'AFP, M. Strauss-Kahn est reparti du FMI en compagnie de son épouse, Anne Sinclair, au volant d'une Audi noire, environ deux heures après leur arrivée.

Toujours poursuivi

M. Strauss-Kahn avait dû quitter le FMI abruptement. Il avait écrit sa lettre de démission de la prison de Rikers Island, là où il était incarcéré quelques jours après son arrestation, le 14 mai, sur plainte d'une femme de chambre, l'accusant de l'avoir violée.

M. Strauss-Kahn n'a recouvré toute sa liberté que le 23 août dernier lorsque la justice américaine a classé cette plainte. L'ancien ministre reste poursuivi au civil par l'accusatrice.

DSK avait reconnu avoir eu une relation sexuelle avec la plaignante, Nafissatou Diallo, et ses avocats ont estimé à la suite du classement de l'affaire que leur client avait payé cher «une erreur passagère de jugement qui n'avait rien de criminel».

La semaine dernière, après l'annonce son ultime visite au FMI, certains employés s'étaient toutefois dits embarrassés par cette rencontre organisée à la propre demande de M. Strauss-Kahn. (ats)

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