Pratiques discutables: Du dumping salarial contre la cherté du franc
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Pratiques discutablesDu dumping salarial contre la cherté du franc

La surévaluation du franc pousse les employeurs à adopter des pratiques discutables et pas toujours légales.

Certaines entreprises cherchent à répercuter sur leur personnel l'impact négatif des cours de change par du dumping salarial, s'inquiètent les syndicats.

De telles méthodes concernent tout particulièrement les régions frontalières, a relevé mercredi à Berne Renzo Ambrosetti, coprésident du syndicat Unia, lors de la conférence organisée avec l'Union syndicale suisse (USS) sur la cherté du franc.

Pour souligner son propos, il cite trois exemples: celui de la société de logistique Stöcklin à Dornach (SO), qui a réduit de 6% le salaire de ses 120 frontaliers en invoquant un cours de change défavorable.

Conséquence pour les employés, 300 francs par mois de salaire en moins voire davantage. Cette décision contrevient clairement à la CTT signée par l'entreprise. Unia a informé l'Union patronale suisse (USS) et une commission paritaire a été convoquée.

Autre exemple, celui de l'imprimerie argovienne Karl Augustin, qui justifie son nouveau mode de rémunération en euros par la détérioration du taux de change. Appliquant un cours de conversion arbitraire, l'employeur biffe ainsi un bénéfice de conversion de l'ordre de 10% du salaire dû, selon Unia.

Enfin, dans l'industrie horlogère où il n'y a pas de CCT déclarée de force obligatoire et où les frontaliers sont nombreux, le syndicat estime que le salaire médian a déjà diminué d'au moins 1% cette année, soit le recul le plus sévère enregistré depuis plus de 15 ans.

(ats)

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