Déraillement en Russie: Du matériel explosifs trouvé sur les lieux
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Déraillement en RussieDu matériel explosifs trouvé sur les lieux

Les autorités russes ont confirmé samedi la thèse de l'attentat terroriste suite au déraillement dans la nuit du train de passagers Nevski Express reliant Moscou à Saint- Pétersbourg.

Cette catastrophe a coûté la vie à au moins 26 personnes, selon un bilan provisoire.

«Il est bien question d'un attentat», a déclaré le porte-parole des enquêteurs du parquet fédéral à l'agence Interfax, Vladimir Markine. Cette thèse était déjà privilégiée par les autorités russes. «Le groupe d'enquêteurs du comité d'enquête du procureur de Russie a découvert et saisi les restes d'un engin explosif», a indiqué le comité d'enquête du parquet dans un communiqué.

«Selon les estimations des enquêteurs, les données préliminaires font état de l'explosion d'un engin artisanal d'une puissance équivalente à sept kilos de TNT», a pour sa part déclaré le chef des services de sécurité intérieure russes (FSB, ex-KGB) Alexandre Bortnikov lors d'une rencontre avec le président Dmitri Medvedev.

Pas de revendication

Une enquête criminelle pour terrorisme a été ouverte, selon le parquet. Pour le moment, personne n'a revendiqué publiquement la responsabilité de cet acte.

Le ministère des situations d'urgence a précisé que 26 décès au moins ont été confirmés et que 18 personnes manquaient à l'appel. Une centaine de personnes ont en outre été blessées.

Deux hauts responsables, le directeur du fonds de réserves d'urgence Rosreserv Boris Evstratikov et l'ancien sénateur Sergueï Tarassov figurent parmi les morts, a précisé la gouverneur de Saint- Pétersbourg Valentina Matvienko.

Un second engin, de moindre puissance, a explosé samedi après- midi, sans faire de victime, a annoncé Vladimir Iakounine, président des chemins de fer.

Forte explosion

Le «Nevski Express» a déraillé à 21h34 locales (19h34 suisses) près du village d'Ouglovka, à 350 km au nord de la capitale. Le train transportait 682 passagers, avec 29 membres du personnel. Au moins trois étrangers se trouvaient à bord du train, selon une source de la société de chemins de fer citée par l'agence Itar-Tass.

Les chemins de fer ont fait état d'une forte explosion avant le drame. Selon une source au sein des forces de l'ordre, citée par Interfax, «un cratère d'un mètre de diamètre a été découvert près de la voie ferroviaire».

Un photographe de Reuters a aperçu des militaires emportant avec eux quatre sacs mortuaires alors que les sauveteurs fouillaient dans l'amas de tôles et d'acier tordus à la recherche de rescapés dans deux wagons accidentés.

Piste tchétchène ?

Cette catastrophe risque de relancer les craintes de nouvelles attaques des rebelles tchétchènes au coeur de la Fédération. «Dans ce genre d'affaires, la piste tchétchène est habituellement privilégiée», a précisé Alexeï Moukhine, du Centre d'information politique russe.

Le PDG des chemins de fer russes, Vladimir Iakounine a remarqué que les circonstances du drame rappelaient un événement similaire survenu il y a trois ans. Il faisait apparamment allusion à l'attentat à la bombe qui avait fait dérailler le même Nevski Express en août 2007, faisant 60 blessés.

Le procès de plusieurs suspects dans cette affaire se tient actuellement à Novgorod, dans le nord-ouest de la Russie. La justice les soupçonne de liens avec des rebelles tchétchènes.

La catastrophe s'est produite sur une des lignes les plus fréquentées de Russie, Moscou-Saint-Pétersbourg, à 284 kilomètres de l'ancienne capitale impériale, près du village d'Ouglovka, dans une zone de forêts et marécages. Elle a contraint à dérouter plusieurs trains sur des voies secondaires et quelque 27'000 passagers ont subi des retards.

(afp)

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