05.11.2020 à 06:15

Coronavirus«Du porte-à-porte de nos jours, c’est irresponsable!»

Le démarchage à domicile est encore pratiqué en Suisse, malgré la propagation fulgurante du Covid-19.

par
Xavier Fernandez
Les gens étant chez eux, le porte-à-porte fonctionne mieux que jamais. (Photo d’illustration)

Les gens étant chez eux, le porte-à-porte fonctionne mieux que jamais. (Photo d’illustration)

Keystone

Alors que les autorités suisses ne cessent de marteler «Restez chez vous!» depuis trois semaines, un Veveysan a reçu il y a quelques jours une visite inattendue. «Il était presque 20h lorsqu’une jeune femme a sonné chez moi. Quand j’ai compris qu’il s’agissait de démarchage, j’étais outré. Continuer à faire du porte-à-porte de nos jours, c’est irresponsable!» explique-t-il, scandalisé.

Ce Vaudois s’énerve car «ces gens sont appelés à côtoyer de nombreuses personnes, jeunes et moins jeunes. Il y a clairement un risque de propager le virus.» Ce type de démarchage n’est pourtant pas interdit en Suisse. «Au niveau fédéral, le SECO précise que le commerce classique de porte-à-porte est toujours autorisé. S’agissant de notre canton, le Conseil d’État prendra peut-être des mesures en lien avec ce type d’activité prochainement», commente Frédéric Rérat, chef de la Police vaudoise du commerce. À noter qu’en Belgique, par exemple, une interdiction a déjà été prononcée, comme l’indique le site de la «RTL»

Collecte de fonds

Dans le cas du Veveysan, il s’agissait d’une collecte de fonds en faveur de Pro Natura. «Oui, il est vrai que nous continuons le porte-à-porte. La question d’arrêter s’est posée et nous faisons le point régulièrement. Mais, si médiatiquement la protection de la biodiversité et du climat sont passées au second plan, les problèmes n’ont pas disparu pour autant, rappelle le porte-parole Nicolas Wüthrich. Nous devons donc continuer de financer nos activités. Bien entendu, nous avons mis en place des protocoles de protection sanitaire stricts et nous ne forçons pas les portes. Si les gens ne veulent pas nous recevoir, nous n’entrons pas.»

De son côté, la Fondation suisse de déminage (FSD) a arrêté le porte-à-porte. «Nous avons réduit drastiquement nos équipes et nous stopperons complètement cette activité cette semaine. Ces derniers temps, la situation a été analysée quotidiennement et déjà nous n’allions plus que là où notre présence était acceptable, tant du point de vue sanitaire que de la notoriété de nos clients», explique Cécilia Cretin, directrice d’ONG Conseil, qui s’occupe du démarchage de la FSD, notamment.

Pour le WWF, du démarchage porte-à-porte a aussi eu lieu ponctuellement. «En Suisse romande, nous avons commencé cette année, puisque ça marchait plutôt bien en Suisse alémanique. Mais, vu la situation sanitaire, nous allons arrêter à la fin de la semaine», précise la porte-parole, Pierrette Rey.

Le télétravail, une aubaine inespérée

Le porte-à-porte permet d’approcher un public différent de celui des stands dans la rue. «Nous pouvons aussi prendre plus de temps pour expliquer les activités et les valeurs de nos partenaires. Et, actuellement nous avons de meilleurs résultats que d’ordinaire, grâce au télétravail. De nombreuses personnes actives nous étaient jusqu’ici inaccessibles, puisqu’elles n’étaient pas à la maison et ne s’arrêtaient pas à nos stands. De plus, dans la plupart des cas, il s’agit de personnes fidèles sur lesquelles nous pourrons compter longtemps», estime Cécilia Cretin.

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86 commentaires
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6filix

05.11.2020 à 10:09

Méfiance citoyens ! Certains de ces colporteurs se présentent au seuil de votre chaumière avec la malice du goupil. Ils ne sont que des baladins qui vous narrent de belles fables dans l'unique but de délester les fortunés de leurs biens.

Politocard

05.11.2020 à 10:05

Ben moi quand je vois les roms faire du porte à la porte de ma ville, je les accueille les bras ouverts.

Alain

05.11.2020 à 10:04

Pourquoi vous plaignez vous, c'est du télétravail...