19.02.2020 à 16:59

Du rêve à la réalité

L'alternative électrique à la Classe S de Mercedes-Benz est en route. Mais avant cela, elle doit céder sa place aux moteurs thermiques.

de
T. Geiger
19.2.2020
Voici le trio électrique: le prototype EQS de Mercedes Benz, le concept Vision EQS et le modèle de série ECC.

Voici le trio électrique: le prototype EQS de Mercedes Benz, le concept Vision EQS et le modèle de série ECC.

Hersteller
Ici, la Mercedes-Benz Vision EQS et le prototype EQS.

Ici, la Mercedes-Benz Vision EQS et le prototype EQS.

Vision sous les palmiers.

Vision sous les palmiers.

Jusqu'à présent, tous les projecteurs étaient tournés vers elle. À chacune de ses apparitions, depuis le salon de l'automobile IAA de Francfort en septembre 2019, la Mercedes Vision EQS a reçu une attention sans partage.

Mais peu à peu, la voiture de rêve du designer en chef Gorden Wagener va devoir se contenter de la deuxième place sur le podium. Car, pendant que l'objet de toutes les convoitises continue de parader devant les objectifs, le modèle de série est en train de se faire une place en arrière-plan de la photo avec sa carrosserie restée jusqu'ici dans l'ombre. Véritable déclaration de guerre aux voitures telles que la Tesla S ou la Porsche Taycan, à la coupe certes plus sportives, mais jouant néanmoins dans la même catégorie, le message est clair: «patience, nous n'allons pas tarder à faire notre apparition». Mais comme cela devrait encore durer au moins un an et que l'équipe de Stuttgart va d'abord devoir lancer la nouvelle Classe S thermique, les informations officielles à propos des photos du prototype ne sont que dérisoires.

Rêve et réalité

Ça ne fait rien! Après tout, le directeur de gamme, Jörg Bartels, en a assez dit sur le concept et il ne faut pas grand chose pour se rendre compte que le rêve n'est pas bien éloigné de la réalité, du moins en ce qui concerne l'extérieur. C'est pourquoi le modèle de série fera plus de cinq mètres de long et est dessiné in extenso. Exit le style classique des limousines qui laisse subitement apparaître la Classe S comme relativement démodée. Et même s'il n'y aura probablement ni phares holographiques, ni calandre numérique avec cartes de circuit imprimé supportant des leds, pas plus qu'une ceinture lumineuse à l'arrière avec 229 étoiles Mercedes, le concept EQS devrait toutefois garantir un joli spectacle lumineux.

La technologie sous le nouveau capot est encore quasiment plus importante pour Mercedes. Car, après n'avoir utilisé jusqu'à présent que des plateformes traditionnelles, Mercedes se lance pour la première fois dans une architecture électronique dédiée qui lui permet de bénéficier de tous les avantages au niveau de l'emballage. Les porte-à-faux sont plus courts, l'habitacle offre plus d'espace et, contrairement au SUV électrique EQC, le Vision EQS a perdu son petit ventre, faisant entièrement disparaître la batterie dans le plancher du véhicule.

Et il est plus grand que jamais. Car, pour offrir des performances de conduite adéquates, Mercedes a, une fois de plus, mis le paquet. Les constructeurs prêtent à la batterie une puissance d'au moins 100 kWh et mettent en avant une autonomie de plus de 700 kilomètres. Et comme la puissance de charge théorique est de 350 kW, la batterie est rechargée à 80% en moins de vingt minutes. Le Vision EQS est tout aussi rapide à recharger que sur la route. Avec une puissance de 370 kW (500 ch) et un couple de près de 800 Nm, le quatre roues motrices entièrement variable monte à 100 km/h en moins de 4,5 secondes et atteint des vitesses de pointe de plus de 200 km/h.

Un concept visionnaire

Aussi élaboré et futuriste que soit le concept, il présente toutefois un problème. En parallèle au véhicule de luxe électrique, Mercedes développe actuellement une Classe S nouvelle génération. D'où l'écart de neuf mois entre le lancement des deux modèles par le constructeur allemand qui ne dévoilera l'EQS que dans un an au plus tôt. Évidemment, pour prendre les devants, le directeur de gamme Jörg Bartels prêche une coexistence pacifique des deux modèles, vise deux groupes cibles très distincts et préfère parler de complément que de détrônement, même si les deux véhicules font appel à des architectures différentes. «L'une a donné naissance à l'autre et l'une n'aurait pas été possible sans l'autre», souligne t-il, tel un mantra.

Mais qu'il s'agisse de l'EQS ou de la Classe S, la première place du podium ne peut être occupée que par l'une des deux. Et seule l'une des deux voitures peut répondre aux attentes dont se targue la berline de Mercedes, à savoir être la meilleure voiture au monde.

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