Procès à Genève: Duo condamné pour avoir fomenté un assassinat
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Procès à GenèveDuo condamné pour avoir fomenté un assassinat

Les deux accusés, un homme et une femme, avaient projeté d'éliminer la belle-soeur de cette dernière, en 2016, au Lignon. Ils ont écopé de 16 ans et de 13 ans de prison.

par
Léonard Boissonnas
Les faits s'étaient produits dans un immeuble du Lignon.

Les faits s'étaient produits dans un immeuble du Lignon.

Keystone/Salvatore di Nolfi

C'est bien le prévenu qui agressé violemment au marteau la victime, la laissant pour morte le 1er juillet 2016, et c'est bien sa coaccusée qui lui a donné l'instruction de tuer. Le Tribunal criminel de Genève a rendu un verdict de culpabilité mardi à l'encontre d'un Algérien de 52 ans domicilié dans l'Ain (F) et de sa voisine franco-marocaine âgée de 62 ans. Ils ont été condamnés respectivement à 16 ans de prison pour tentative d'assassinat et à 13 ans d'emprisonnement pour instigation à tentative d'assassinat.

Une victime qu'il ne connaissait pas

Selon les juges, la prévenue, en proie à des délires de persécution, accusait l'épouse de son frère de sorcellerie et de vouloir le tuer. Elle parlait de la victime avec rage, d'après des témoignages. La sexagénaire et l'accusé, qui sont devenus voisins en 2014, se sont rapprochés à tout le moins au printemps 2016, nouant une relation de confiance et s'appelant plusieurs fois par jour. Le quinquagénaire a agi sur les instructions de sa coaccusée, a estimé le tribunal. Il n'avait aucune raison personnelle de s'en prendre à la vie de la victime, puisqu'il ne la connaissait pas.

La prévenue, quant à elle, savait que sa belle-soeur se trouverait seule dans son logement le jour des faits. Elle a en outre montré les lieux à son comparse, quelques jours auparavant, lors d'un repérage. Le 1er juillet, les deux accusés se sont contactés à plusieurs reprises. Le prévenu a notamment envoyé un SMS pour tenir la sexagénaire au courant de l'évolution de leur plan. Celle-ci ne s'est jamais désolidarisée des faits commis.

Victime «massacrée»

La faute des prévenus est extrêmement lourde, ont estimé leurs juges. Le quinquagénaire s'est acharné, a relevé la présidente du tribunal, Marine Wyssenbach, rappelant les quarante-cinq coups de marteau infligés sur tout le corps, dont sept sur le visage. Après avoir massacré la victime à coups de masse, il l'a laissée baignant dans son sang. Si la plaignante a eu la vie sauve, ce n'est que grâce à sa volonté, a en outre souligné la magistrate. La façon d'agir de l'accusé est particulièrement atroce et odieuse. Sa faute est plus lourde que celle de la prévenue, car c'est lui qui a choisi le mode d'exécution, «sauvage et cruel».

Outre la peine de prison, les condamnés devront verser 70'000 francs à la victime pour tort moral. Ils devront également se soumettre à un traitement thérapeutique ambulatoire.

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