Actualisé 07.07.2016 à 15:28

GenèveDysfonctionnements majeurs à la tête des Evaux

La Cour des comptes genevoise a tancé jeudi la Fondation gérant le domaine consacré aux loisirs. Elle doit être reprise en main éthiquement.

Le domaine des Evaux propose de multiples activités aux Genevois.

Le domaine des Evaux propose de multiples activités aux Genevois.

photo: Kein Anbieter/Evaux.ch

Pour la Cour des comptes de Genève, la gouvernance de la Fondation des Evaux doit être revue, en particulier au niveau de la direction. Aucun problème justifiant une dénonciation pénale n'a été constaté. Mais des dysfonctionnements majeurs freinent la réalisation des objectifs.

Saisie par des citoyens, la Cour a effectué un audit de légalité et gestion de cette fondation de droit public. Le domaine des Evaux - 51 hectares dévolus au sport, aux loisirs et à la détente dans un espace naturel - se situe sur les territoires d'Onex, de Confignon et Bernex. Avec Genève et Lancy, ces trois communes ont constitué la fondation en 1982, subventionnée à hauteur de 3,6 millions de francs en 2015.

La Cour des comptes préconise une reprise en main sur le plan éthique. «Le climat au sein du personnel est mauvais depuis un certain temps», a indiqué jeudi devant les médias le magistrat suppléant Marco Ziegler. Aucun problème d'ordre pénal n'a été constaté. Mais certaines habitudes, comme utiliser les infrastructures et du matériel à des fins privées, perdurent.

En outre, la compensation en congés de 360 heures supplémentaires par la direction en 2015 était contraire au statut du personnel de la Ville d'Onex. «L'addition de tous ces points a pour conséquence le risque de perdre de vue l'intérêt de l'entité pour laquelle on travaille. L'environnement peut être propice à la fraude», relève Marco Ziegler.

Direction surdimensionnée

Au niveau organisationnel, la Cour constate un mélange des rôles de la direction. Constituée d'un directeur et de deux adjoints, sur 17 collaborateurs fixes, cette direction est surdimensionnée, et les employés ne savent pas qui décide quoi. Un avis partagé par le conseil de fondation qui envisage sa réorganisation à court terme, a indiqué sa présidente, la conseillère administrative d'Onex Ruth Bänziger.

Faute de système de contrôle interne adéquat, la direction ne dispose pas des éléments pour exercer sa surveillance. De plus, elle ne s'intéresse pas assez aux aspects stratégiques. Ainsi, le projet de nouveau restaurant est freiné par l'absence de réflexion sur le type d'établissement voulu. Il n'existe en outre pas de planification des priorités et de suivi des activités.

Alors que la direction devrait être autonome, la commission exécutive a dû intervenir, notamment pour réaliser les plans financiers. Au niveau de la gestion financière, la faible élaboration du budget a eu pour conséquence qu'il manquait 600'000 francs en liquidités à la fin 2015. Ce montant a dû être emprunté.

Améliorer les prestations

Pour la Cour des comptes, la gouvernance et la gestion de la fondation doivent évoluer de manière cohérente et globale. «Il faut faire preuve de bon sens et de proportionnalité, au vu de la taille de la fondation. Il ne faudrait pas une administration hypertrophiée», estime Marco Ziegler. Les bonnes pratiques peuvent améliorer les prestations sans coûts additionnels, selon lui.

Pour sa part, le conseil de fondation n'est pas surpris des constats. Malgré les efforts de réorganisations consentis depuis cinq ans environ, un certain nombre de problèmes de gestion demeurent. Le conseil a accepté les 16 recommandations de la Cour des comptes. (ats)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!