EasyJet vole cet été avec 60% de sa capacité pré-covid
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Aviation EasyJet vole cet été avec 60% de sa capacité pré-covid

Le transporteur aérien britannique à bas coûts a indiqué mardi qu’il allait faire monter sa capacité de transports en puissance cet été, mais les restrictions sanitaires pèsent toujours.

La compagnie britannique se rétablit après le choc dû à la pandémie. 

La compagnie britannique se rétablit après le choc dû à la pandémie.

REUTERS

EasyJet prévoit une capacité de transport de 60% pour la période de juillet à septembre comparé à son niveau de l’avant pandémie. Pour le transporteur, il s'agit d'une accélération par rapport au trimestre précédent. Cette augmentation attendue des passagers et des capacités se fonde sur la levée de nombreuses restrictions aux déplacements internationaux ces derniers mois, avec les progrès de la campagne vaccinale, et en dépit d’un regain de cas de Covid-19.

La compagnie britannique, durement touchée comme le reste du secteur par la pandémie, a réalisé pour les trois mois terminés fin juin un chiffre d’affaires de 212,9 millions de livres sterling (environ 268,3 millions de francs), en très forte hausse sur un an (7,2 millions de livres sterling pour la même période en 2020). Ces mêmes trois mois de l’an dernier avaient été marqués par le premier confinement au Royaume-Uni et dans de nombreux pays, avec un effondrement du trafic aérien et des flottes clouées au sol pendant des mois.

Sa perte avant impôts pour le trimestre a diminué de 8% sur un an à 318,3 millions de livres sterling (environ 401 millions de francs), notamment grâce à des réductions de coûts et est conforme aux attentes des analystes. EasyJet avait cependant déjà accumulé 549 millions de livres sterling (692 millions de francs) de perte nette au premier semestre, aggravée par rapport aux 324 millions (408 millions de francs) affichés un an plus tôt, en raison d’un trafic encore largement déprimé.

Reprise sinueuse

«Si nous savons que la route de la reprise sera sinueuse», le transporteur est «transformé et prêt pour l’après-pandémie», a assuré le directeur général, Johan Lundgren, cité dans le communiqué. Parmi les difficultés, les changements constants de directives pour les voyageurs font que ces derniers réservent de plus en plus leurs vacances au dernier moment, ce qui met sous pression la compagnie. Le groupe reste toutefois «confiant sur la demande de voyages cet été et vers l’automne.» EasyJet met par ailleurs en avant d'«importantes liquidités» de 2,9 milliards de livres sterling (3,65 milliards de francs) et rappelle que la taille de sa flotte a été réduite en réaction à la pandémie.

«Au regard des changements constants dans les restrictions aux voyages, le groupe a su atteindre ses prévisions de capacités», remarque une analyste. «L’incertitude sur les restrictions des déplacements garde de nombreux voyageurs à la maison, particulièrement au Royaume-Uni, ce qui a amené EasyJet à se focaliser sur les vols intraeuropéens», qui représenteront l’essentiel de son trafic estival.

Appel à plus de souplesse

Lors d’une conférence d’analystes, Johan Lundgren a par ailleurs réagi aux informations de presse selon lesquelles le gouvernement du Premier ministre britannique Boris Johnson avait envisagé de mettre la France sur sa liste rouge, ce qui aurait imposé une quarantaine en hôtel aux voyageurs revenant de l’Hexagone, à cause du variant Bêta dit sud-africain. Le patron d’EasyJet a fait valoir que ce variant était prévalent «dans l’île de la Réunion au milieu de l’Océan pacifique» et qu’il était selon lui difficile de voir comment cela aurait un impact sur les hospitalisations dues au covid en Europe et au Royaume-Uni. Il a relevé qu’on pourrait à ce titre «mettre toute l’Europe en liste rouge», d’autant que le Royaume-Uni reste l’un des pays les plus touchés par la pandémie avec des cas qui augmentent très rapidement.

Comme il le fait régulièrement, Johan Lundgren a appelé Downing Street à lever plus encore les restrictions, affirmant que «le Royaume-Uni reste à la traîne» pendant que «l’Europe s’ouvre». Il déplore notamment les «tests chers et non nécessaires pour des destinations à faible risque. On peut aller dans une boîte de nuit bondée sans masque ni vaccin mais on ne peut pas aller s’allonger sur une plage en Europe», d’après les directives britanniques, a-t-il dénoncé.

(afp/reg)

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