Géorgie: Echec des discussions sur les observateurs de l'OSCE
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GéorgieEchec des discussions sur les observateurs de l'OSCE

L'OSCE renonce à envoyer des observateurs supplémentaires en Géorgie.

Aucun accord n'a été trouvé avec la Russie sur leur zone de déploiement. Cet échec a été annoncé au premier jour jeudi d'une réunion de l'OTAN à Londres sur le conflit russo-géorgien.

«Nous n'avons pas obtenu de consensus sur la question des observateurs malgré un mois de négociations», a déclaré l'ambassadeur de Finlande Artti Turunen, dont le pays préside l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) cette année.

«La zone dont seraient responsables les observateurs est le principal point d'accroc», a-t-il ajouté. L'OSCE comptait déjà huit observateurs en Géorgie avant le conflit autour de l'Ossétie du Sud et souhaitait envoyer 80 observateurs non armés supplémentaires, en plus du contingent de 20 hommes déployé fin août. Un Suisse, stationné à Tbilissi, fait partie du premier contingent déjà sur place.

Pas en Ossétie du Sud

Moscou acceptait un déploiement supplémentaire en Géorgie, mais à la condition que les observateurs ne soient pas envoyés en Ossétie du Sud, territoire séparatiste de Géorgie, contrairement aux souhaits de l'OSCE. La Russie soutenait en outre qu'il revenait aux autorités sud-ossètes de décider elles-mêmes du mandat futur de l'OSCE au motif que la région est «indépendante».

Le délégué géorgien, Paata Gaprindashvili, a regretté cette impasse, affirmant que «80% des propositions russes avaient été acceptées». Le ministère russe des affaires étrangères a exprimé quant à lui son «inquiétude», accusant certains pays de «s'écarter des accords existants»

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a ainsi estimé que l'Union européenne se livrait à des manoeuvres insultantes en cherchant à réécrire l'accord qui a mis fin à la guerre, le mois dernier, entre la Russie et la Géorgie. Selon lui, les Européens tenteraient d'utiliser l'OSCE pour déployer des observateurs en Ossétie afin de pouvoir proclamer ce territoire toujours géorgien.

L'OTAN incitée à la prudence

L'intransigeance de la Russie sur la Géorgie - interprétée par les Américains comme une attitude «agressive», selon les mots de la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice - devait également être au centre des discussions de l'OTAN jeudi soir et vendredi à Londres.

Peu avant la rencontre, le secrétaire américain à la défense, Robert Gates, a appelé l'Alliance à éviter toute provocation envers la Russie concernant la crise géorgienne. «Je pense que nous devons agir avec prudence car il y a clairement des divergences d'opinion au sein de l'alliance sur la manière de répondre», a ajouté M. Gates, citant notamment les pays baltes et l'Europe de l'Est.

Dans son rapport annuel, l'Institut international des études stratégiques (IISS) a également estimé que l'OTAN devrait adopter une approche moins épidermique à l'égard de la Russie et reconsidérer l'opportunité d'intégrer la Géorgie en son sein.

Erreurs envers la Russie

En répondant le 8 août à la tentative géorgienne de reprendre le contrôle de sa province séparatiste d'Ossétie du Sud, Moscou a réagi de manière «disproportionnée», mais ne cherchait pas à «changer la carte de l'Europe d'après-guerre», a estimé John Chipman, directeur général de l'IISS.

Dès lors, l'Occident ne devrait pas répondre à «l'humeur provocatrice (de la Russie) par une forme d'autisme stratégique», a- t-il avancé.

«Notre jugement est qu'il y a eu des erreurs de présentation majeures dans la politique des Etats-Unis et de l'OTAN envers la Russie», a-t-il expliqué, notant que, ces derniers mois, Moscou avait surtout été mis devant le fait accompli, concernant l'indépendance du Kosovo, ou encore le bouclier antimissile américain en Europe de l'Est.

(ats)

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