Espagne: Echec électoral en Galice et casse-tête basque
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EspagneEchec électoral en Galice et casse-tête basque

Le chef du gouvernement socialiste espagnol José Luis Rodriguez Zapatero a reçu dimanche un avertissement, en pleine crise économique, avec la défaite de son camp en Galice.

Il se trouve par ailleurs face à un casse-tête aux répercussions nationales au Pays Basque.

A quatre mois d'élections européennes qui permettront de jauger à l'échelle nationale la confiance des électeurs, le retour au pouvoir de la droite en Galice sonne comme un coup de semonce pour M. Zapatero

Le Parti populaire (PP, droite) y a remporté dimanche la majorité absolue au Parlement régional face à la coalition sortante composée des socialistes et des nationalistes de gauche galiciens du BNG, qui gouvernaient depuis quatre ans. Le leader régional socialiste Emilio Pérez Touriño a démissionné de son poste.

La défaite est d'autant plus amère pour les socialistes que la droite l'emporte alors qu'elle se débat avec une délétère affaire d'espionnage interne visant certains de ses cadres madrilènes et une enquête pour corruption.

Le leader contesté du PP, Mariano Rajoy, lui-même Galicien, qui s'est fortement impliqué dans la campagne, sort renforcé de ce scrutin.

Crise économique

«La crise économique n'aide jamais» le parti au pouvoir, a commenté lundi une dirigeante du Parti socialiste espagnol (PSOE), Mar Moreno. L'Espagne est en effet entrée fin 2008 en récession et est confrontée à un taux de chômage record en Europe. Selon M. Moreno, son camp a vécu dimanche une journée «aigre douce».

L'échec galicien est en effet compensé par le Pays Basque, où les socialistes enregistrent le meilleur score de leur histoire. Ils sont mathématiquement en position de gouverner, malgré la majorité relative obtenue par le Parti nationaliste basque (PNV) qui règne sur la région depuis 29 ans.

Pour la première fois en effet depuis le retour de la démocratie en Espagne, le PNV, qui a obtenu 30 sièges sur 75 au Parlement régional, et ses alliés nationalistes ne sont pas en mesure d'obtenir la majorité absolue.

A l'inverse, les socialistes basques (24 sièges) peuvent voir leur dirigeant Patxi Lopez investi à la tête de la région avec l'appui inédit d'un front antinationaliste composé de la droite (13 sièges) et du petit parti centriste UPyD (1 sièges), soit une majorité absolue de 38 sièges.

Alliance délicate

Cette situation pose néanmoins «un dilemme basque à Zapatero», analysait lundi le quotidien catalan La Vanguardia.

S'il exclut le PNV du gouvernement basque grâce au soutien de la droite, le parti socialiste «se retrouvera pratiquement sans alliés au Congrès des députés à Madrid et devra faire face à la crise économique dans une situation politique très précaire», commentait le journal.

Depuis sa réélection en 2008, M. Zapatero ne s'appuie en effet que sur une majorité relative au parlement national où le soutien ponctuel du PNV s'est avéré déterminant pour faire adopter le budget de l'Etat.

A l'inverse, les socialistes pourraient chercher une alliance au Pays Basque avec le PNV. Mais cette hypothèse se heurte à la personnalité du chef du gouvernement régional basque sortant et candidat à un quatrième mandat, Juan José Ibarretxe, dont les projets souverainistes ont hérissé les socialistes.

Le dirigeant socialiste basque Patxi Lopez a annoncé dimanche qu'il se sentait «prêt à diriger le changement» au Pays basque, sans préciser sa stratégie.

(ats)

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