13.06.2019 à 20:52

ZurichÉcole-club Migros épinglée pour sa politique salariale

Des enseignants pour adultes dénoncent des mauvaises conditions
de travail. L'école dit ne pas faire pire qu'ailleurs.

de
rmf
Les employés sont surtout des femmes à temps partiel, selon le «Tages-Anzeiger».

Les employés sont surtout des femmes à temps partiel, selon le «Tages-Anzeiger».

Ecole Club Migros

«Préparation comprise, je gagne la même chose que du personnel de ménage», affirme Franziska*. Diplômée en langue, elle enseigne à l'École-club Migros depuis des années. Avec plusieurs collègues, elle dénonce dans le «Tages­-Anzeiger» une politique salariale jugée scandaleuse. Sa rétribution s'élève à 45 fr. les 50 minutes de cours, temps de préparation et suivi compris, plus la correction des travaux et de plus en plus de tâches administratives. «Ce qui équivaut à 15 ou 20 fr. de l'heure.»

Les employés, surtout des femmes selon le journal, ne peuvent pas compter sur une stabilité puisque l'école se débarrasse de ses contrats fixes, pour les remplacer par du travail à l'heure ou sur appel. Si un cours est annulé, l'enseignant n'en est informé que quelques jours à l'avance. Mais la formation est parfois repoussée jusqu'à atteindre le bon nombre d'inscrits, exigeant du prof de bloquer ce temps au cas où, cela sans être payé. En cas d'absence pour maladie, Migros doit compenser 80% de la perte de salaire. Le quotidien dit avoir la preuve d'au moins deux cas où cela ne s'est pas passé ainsi.

Migros rejette en bloc ces accusations. La société dit payer grassement la préparation des cours, à hauteur de 10 min par cours de 50 min. Elle ajoute que le salaire moyen est garanti «dans une fourchette de plus ou moins 20%». L'École-club Migros note qu'elle respecte les normes de la branche (lire encadré).

* Prénom d'emprunt

Un secteur sous forte pression

La formation pour adulte est en plein essor, mais reste peu réglementée et organisée. Elle n'a aucun syndicat ni organisation faîtière, alors que les conditions de travail y sont difficiles, explique Birgit Tognella, élue socialiste dans le canton de Zurich. La concurrence est grande et les appels d'offre publics, pour chômeurs ou migrants par exemple, participent à la baisse des prix. Les écoles privées recrutent en outre d'abord des femmes au foyer, ajoute-t-elle.

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