Actualisé 08.05.2008 à 13:36

Ecologie: Faites ce que je dis, pas ce que je fais

Côté pile: Philippe Starck défend l'écologie avec sa dernière création, une éolienne individuelle. Côté face: le designer privilégie le jet privé pour tous ses déplacements.

Philippe Starck a fait sensation la semaine dernière lors de la manifestation Greenergydesign à Milan en présentant une éolienne individuelle bon marché. Le designer français s'est associé avec la firme italienne Pramac, un fabricant de groupes électrogènes. En résumé, la mini éolienne permet de produire, selon le modèle, entre 10 et 60% des dépenses énergétiques d'un foyer. Le tout pour un prix abordable estimé variant de 300 à 400 euros (plus de 450 francs). Sa commercialisation est prévue pour septembre prochain.

L'intention de Philippe Starck d'entrer dans le combat écologique est noble. Le designer estime, dans une interview accordée au quotidien français Le Figaro du 29 avril que «tout le monde ne pratique pas l'écologie par altruisme». Avant de poursuivre: «Même si une majorité de gens s'estime concernée, l'écologie reste une abstraction relativement inaccessible». C'est justement dans ce but qu'il compte démocratiser l'écologie avec «un objet populaire qui va se vendre à des millions d'exemplaires». En substance, «entrer dans le combat écologique avec des actes de réelle économie, c'est ce qui m'intéresse».

Voilà pour la facette verte d'un designer favorable à tout type de récupération. L'écologie, c'est tendance et ça fait vendre. Alors, autant profiter du filon. Car dans la vie pratique, Philippe Starck est client de la firme luxembourgeoise JetFly, dont il a dessiné l'intérieur de certains avions. JetFly est une société qui possède une petite flotte. En achetant des parts d'avion (comptez 480'000 francs pour un huitième d'avion), on en devient copropriétaire. Contre 3200 francs l'heure de vol, on dispose alors d'une grande liberté de mouvement. Une liberté appréciée par le designer reconverti à l'écologie. Quoi de mieux en effet pour se déplacer de son bureau londonien à sa résidence dans le bassin d'Arcachon. Quant à évaluer l'impact sur l'environnement de ces petites escapades de fin de semaine, cela est une autre histoire.

Didier Bender

Quand le climat inquiète, les politiciens voyagent

L’écologie et le climat: tout le monde s’en soucie. Chacun à sa manière. En septembre dernier, le ministre français du Développement durable Jean-Louis Borloo s’était rendu, accompagné de grands noms de la climatologie française, pour un voyage éclair de moins de 24 heures au Groenland.

Avant lui, d’autres politiciens (la chancelière allemande Angela Merkel, le président de la commission européenne Jose Manuel Barroso ou encore la présidente démocrate du Congrès américain Nancy Pelosi) avaient jugé utile d’aller constater sur place, jusqu’au glacier Kangerlua, du réchauffement climatique.

A n’en pas douter, les défenseurs de l’environnement jugent coûteuse en carbone, compte tenu des émissions de CO2 (l’un des principaux gaz à effet de serre), toutes ces courtes escapades scientifiques. Pour justifier un trajet de 7000 km qui avaient conduit à l’émission de 65 tonnes de CO2, le ministre français avait prévu de compenser à travers une contribution à un projet écologique dans le cadre du protocole de Kyoto.

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