Conjoncture: Economiesuisse s'attend à une croissance nulle en 2009

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ConjonctureEconomiesuisse s'attend à une croissance nulle en 2009

Alors qu'elle misait encore en juin sur une croissance de 1% pour la Suisse l'an prochain, l'organisation patronale table désormais sur une stagnation du produit intérieur brut (PIB).

«D'un point de vue technique, la récession est là», a relevé mercredi à Zurich Gerold Bührer, le président de la Fédération des entreprises suisses. Au 4e trimestre 2008, la croissance sera négative, tout comme au 1er de l'an prochain et probablement au deuxième. Toutefois, une reprise interviendra après la pause estivale, pour aboutir à une stagnation du PIB sur l'ensemble de 2009.

Selon un sondage réalisé par economiesuisse, deux tiers des dirigeants d'entreprise interrogés estiment que la croissance redémarrera entre avril et septembre 2009 aux Etats-Unis. La Suisse retrouvera un climat conjoncturel plus clément plus tard, soit entre juin et décembre.

Les choses s'amélioreront qu'à condition que la crise financière ne s'intensifie pas, a averti Rudolf Minsch, chef économiste de l'associaiton faîtière. Il faudra aussi que le franc ne s'apprécie pas trop. Au vu des incertitudes, economiesuisse ne livre d'aileurs pas de prévision pour 2010.

Exporations touchées

Le ralentissement affecte avant tout les exportations et les biens d'équipement, a poursuivi M. Minsch. Bon nombre de sous- traitants automobiles et de sociétés de l'industrie textile ont subi une forte contraction de leur production, ce phénomène s'accentuant en octobre.

Mais d'autres branches, dont notamment l'horlogerie, l'industrie pharmaco-chimique et celle des denrées alimentaires se portent encore bien, même si elles doivent compter sur un fléchissement, a noté l'expert. L'économie suisse tire profit de sa forte diversification.

Conséquence de cette croissance zéro, le taux de chômage passera de 2,5% à 3,2%. La détérioration conjoncturelle et la chute des prix des matières premières entraîneront un recul rapide du taux d'inflation, qu'economiesuisse voit légèrement au-dessus de 1%.

Avec le risque accru de déflation au 2e semestre, M. Minsch s'attend à une nouvelle baisse des taux d'intérêt de la Banque nationale suisse (BNS). Gerold Bührer a d'ailleurs loué l'action de l'insitut d'émission, ce dernier n'ayant pas hesité le 20 novembre à baisser de 100 points de base la marge de fluctuation du Libor à trois mois pour la fixer à 0,5%-1,5%.

Suisse bien armée

S'il est justifié de s'inquiéter pour le place économique suisse, celle-ci se trouve dans une situation plus favorable que celle des pays qui l'entourent, a assuré Pascal Gentinetta, directeur d'economiesuisse. Ainsi, les entreprises helvétiques bénéficient d'un marché du travail flexible et d'une fiscalité basse.

Autre bon point, selon M. Gentinetta, la Suisse a amélioré de manière continue sa compétitivité internationale ces dernières années. S'étant diversifiées, les entreprises helvétiques n'ont pas oublié «en période de vaches grasses» de procéder aux restrucurations qui s'imposaient. Elle en sont sorties renforcées.

De plus, l'assouplissement de la politque monétaire de la BNS agira de manière favorable sur l'économie. La baisse des taux hypothécaires aura un impact positif sur la consommation des ménages et les charges des entreprises. Un mouvement auquel les hausses des salaires en termes réels contribueront également.

Pas d'interventionnisme massif

Dans un tel contexte, un renforcement massif de l'interventionnisme étatique ne saurait constituer une réponse durable, a dit M. Bührer, sans toufefois contester les interventions de banques centrales et la volonté politique de mieux réglementer les marchés financiers. Les milieux économiques doivent aussi tirer les enseignements de la crise.

Un programme de relance de l'économie domestique n'aurait qu'une efficacité relative, a dit M. Bührer. Les exportations pèsent en effet 290 milliards de francs sur un PIB suisse qui atteint lui 520 milliards. (ats)

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