Actualisé 02.02.2015 à 13:00

Franc fortEconomiesuisse veut réduire les coûts

Pour répondre au franc fort, la Fédération des entreprises suisses veut réduire les charges des sociétés touchées de plein fouet par l'abandon du taux plancher.

Heinz Karrer préconise notamment un allongement du temps de travail.

Heinz Karrer préconise notamment un allongement du temps de travail.

Dans une série de propositions présentée lundi, l'organisation faîtière recommande d'éviter autant que possible de toucher aux salaires. Elle conseille aux firmes d'imaginer des solutions plus flexibles comme un éventuel allongement de la durée du travail.

«Même si chaque société demeure responsable d'introduire les mesures adaptées à sa situation spécifique», a expliqué Heinz Karrer, président d'economiesuisse, devant la presse à Berne.

Pour réduire les coûts des entreprises en difficulté, l'organisation rejette l'idée d'un programme conjoncturel gouvernemental destiné à stimuler l'économie. L'expérience a montré que les interventions de ce type ne sont pas efficaces.

En outre, la situation de 2015 n'est pas comparable à celle de 2011. Il y a quatre ans, la hausse des coûts se trouvait accompagnée d'un effondrement de la demande, ce qui n'est pas le cas actuellement, a relevé Heinz Karrer.

Economiesuisse identifie par contre cinq domaines dans lesquels la politique doit s'engager. Ces cinq thématiques doivent assurer la compétitivité de la place économique helvétique face au franc fort.

Simplification de la TVA

La Suisse doit réévaluer sa stratégie énergétique 2050. «Ce projet engendre de nombreuses incertitudes et des charges supplémentaires pour les firmes», indique Monika Rühl, présidente de la direction de la fédération. Le tournant énergétique renchérit non seulement l'énergie dans une proportion inconnue mais ne garantit pas non plus l'approvisionnement en énergie à moyen et long terme, selon elle.

Pour l'organisation faîtière, il s'agit en outre de supprimer les incertitudes en matière de planification. Elle demande ainsi de préserver la voie bilatérale en mettant en oeuvre l'initiative contre l'immigration de masse.

A ce sujet, les milieux patronaux avec economisuisse ont proposé, au mois de janvier, une solution à trois piliers. Ils prônent une clause de sauvegarde pour les travailleurs issus de l'Union européenne (UE) et ceux de l'Association européenne de libre-échange (AELE).

La libre circulation des personnes s'appliquerait alors jusqu'à un plafond, encore à définir. En deuxième et troisième plan, l'économie helvétique doit mieux exploiter le potentiel indigène tout en mettant un frein à l'emploi dans le secteur public.

Economiesuisse prône aussi une réduction des taxes et des frais de réglementation ainsi qu'une simplification de la TVA. Elle plaide pour un taux unique de la taxe sur la valeur ajoutée.

Miser sur la formation

L'organisation se dit, également, favorable à la poursuite du processus d'ouverture des marchés. Il convient, selon elle, de conclure de nouveaux accords de libre-échange et surtout de rattacher la Suisse au partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (TTIP).

La faîtière entend également renforcer le pôle d'innovation helvétique en consacrant davantage de moyens financiers dans la formation et la recherche. Pour contrer la pénurie de spécialistes, l'organisation souhaite tout particulièrement soutenir les branches des mathématiques, informatiques, sciences naturelles et techniques (MINT).

Poison pour les PME

Sur le plan politique toujours, economiesuisse s'engage en faveur de la troisième réforme de l'imposition des entreprises, qu'il s'agit d'«accélérer». La fédération s'oppose, en outre, à deux initiatives populaires sur lesquelles le peuple se prononcera en mars et en juin: l'introduction d'une taxe sur l'énergie en remplacement de la TVA et l'impôt national sur les successions.

Le premier objet soumis au vote risque d'augmenter le taux d'imposition des entreprises. Cela nuirait à leur compétitivité, selon elle.

L'initiative sur la fiscalité successorale demande que les successions de plus de 2 millions de francs et les donations de plus de 20'000 francs par an et par personne soient imposées à un taux unique de 20%. L'organisation faîtière combat cette idée qui complique fortement les successions d'entreprises et agit à l'encontre du fédéralisme fiscal.

Dans le même ordre d'idée, la fédération s'oppose à la révision du droit des sociétés anonymes qui restreint la liberté entrepreneuriale et l'attractivité de la Suisse pour les investisseurs.

La révision de la loi sur la protection de l'environnement ne trouve également pas grâce à ses yeux. «La modification entraîne une densification de la réglementation, sans véritablement apporter d'avantages écologiques», conclut Heinz Karrer. (ats)

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