France: Edouard Philippe nommé Premier ministre
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FranceEdouard Philippe nommé Premier ministre

Emmanuel Macron, nouveau président de la République française, a désigné le membre des Républicains pour former son gouvernement.

Emmanuel Macron lors d'un cérémonie à l'Hôtel de Ville de Paris. (Dimanche 14 mai 2017)

Emmanuel Macron lors d'un cérémonie à l'Hôtel de Ville de Paris. (Dimanche 14 mai 2017)

AFP

Le député-maire du Havre Edouard Philippe a été nommé lundi Premier ministre d'Emmanuel Macron. Il est le chaînon qui manquait entre la gauche social-démocrate, le centre et la droite dans la vaste entreprise de recomposition politique du nouveau président.

Cet élu Les Républicains (LR), proche d'Alain Juppé, est suffisamment marqué à droite pour convaincre d'autres personnalités LR, «juppéistes» en tête, de franchir elles aussi le pas et de s'associer, au coup par coup ou plus durablement, à la future majorité présidentielle.

Pluie de réactions

Alain Juppé (Les Républicains) a salué cette nomination: «Edouard Philippe est un ami et un homme de grand talent. C'est un député qui connaît parfaitement les rouages de l'activité parlementaire, il a, je crois, toutes les qualités pour assumer la fonction difficile que le président de la République vient de lui confier et je lui souhaite évidemment bonne chance».

De son côté, Jean-Luc Mélenchon, candidat malheureux à la présidentielle (La France insoumise), a critiqué ce choix. «Le nouveau président de la République vient de prendre le commandement de toute la classe politique traditionnelle de notre pays. Le vieux monde est de retour (...) La droite vient d'être annexée avec la nomination d'Edouard Philippe. Le PS a déjà été absorbé (...) Les électeurs du Front national sont abandonnés».

A droite, le secrétaire général de LR, Bernard Accoyer, a évoqué «une décision individuelle» de M. Philippe et non pas «un accord politique». Marine Le Pen a pour sa part estimé que la nomination «sans surprise» de Edouard Philippe «confirme l'existence d'un système UMPS que l'on peut rebaptiser LREM».

Les soutiens de M. Macron ont au contraire salué ce choix, qui permet d'«en finir avec un certain nombre de clivages idéologiques qui n'ont plus cours», selon le sénateur LR Jean Baptiste Lemoyne, rallié au nouveau président.

Pas de troupes

Ce Premier ministre d'ouverture n'a en revanche pas de troupes. Edouard Philippe n'est à la tête d'aucune écurie et est beaucoup moins identifiable politiquement qu'un Bruno Le Maire, un Xavier Bertrand ou une Nathalie Kosciusko-Morizet. «Son centre de gravité correspond à une majorité aimantée vers le centre», estime un de ses amis.

«Bosseur et brillant»

A 46 ans, ce barbu au crâne prématurément dégarni, marié et père de trois enfants est de la bonne génération pour incarner le renouveau politique au côté de M. Macron. «Il est bosseur, brillant, assez solitaire et secret mais solide», confie le même ami. «Il connaît bien la haute administration et la manière dont elle fonctionne. C'est sa formation et sa culture.»

«Ce n'est pas quelqu'un qui va vous taper tout de suite sur l'épaule, mais il a beaucoup d'humour», renchérit le député «juppéiste» Benoist Apparu, selon qui Edouard Philippe «a un vrai amour pour le droit et les questions de justice».

Fan de Springsteen et de M&M's

Inconditionnel selon son entourage de l'oeuvre de Winston Churchill, de Bruce Springsteen, Dire Straits et Bob Dylan, il est également un adepte de boxe, une passion qu'il s'est découverte il y a plus de deux ans et qu'il pratique trois fois par semaine. «Ça le défoule. Il y va très tôt le matin et n'aime pas rater un entraînement», raconte un de ses proches. Il se dit également grand consommateur de M&M's et de Coca-Cola,tout en étant aussi un amateur de boutons de manchettes.

Longue carrière d'élu

Fils d'enseignants né à Rouen, il a passé son baccalauréat en 1988 à Bonn, en Allemagne. Diplômé de Sciences politiques et de l'Ecole nationale d'administration (ENA) comme Emmanuel Macron, il a milité deux ans au Parti socialiste tendance Michel Rocard durant ses études, avant de se tourner vers la droite.

Il n'a jusqu'ici fait qu'un mandat de député, mais a à son actif une longue carrière d'élu municipal, départemental et régional depuis qu'il a rejoint en 2001 comme adjoint l'équipe du maire du Havre de l'époque, Antoine Rufenacht.

Il est successivement chargé des questions juridiques, du développement économique et portuaire, de l'emploi, de la formation, de l'enseignement supérieur, des relations internationales, de l'urbanisme, de l'habitat. Avant de remplacer Antoine Rufenacht à la mairie en octobre 2010.

Le site du journal «Le Monde» a publié une rétrospective des moments-clés de la vie d'Edouard Philippe.

Fondation de l'UMP

Alain Juppé lui propose en 2002 de participer à la fondation de l'UMP, ancêtre de LR. Il est directeur général des services du parti jusqu'à la démission de son mentor en 2004, ce qui lui permet de connaître tous les parlementaires UMP.

Parallèlement, Edouard Philippe, qui a commencé sa carrière professionnelle au Conseil d'Etat en 1997, est directeur des affaires publiques d'Areva entre 2007 et 2010 et avocat. Elu député en 2012, il est réélu maire du Havre en mars 2014. En 2016, il fait partie de l'équipe de campagne d'Alain Juppé pour la primaire de la droite (il est son porte-parole avec Benoist Apparu). Le 2 mars 2017, il quitte l'équipe de François Fillon, après les révélations sur les emplois présumés fictifs dont aurait bénéficié la famille du candidat de la droite à l'Elysée.

Romans prémonitoires

Etait-ce de la prémonition ? Dans un roman intitulé «Dans l'ombre», écrit avec Gilles Boyer, autre fidèle d'Alain Juppé, et publié en 2011, il raconte les désillusions du conseiller d'un candidat à l'Elysée, confronté aux soupçons de fraude qui entachent la victoire de son champion à la primaire.

Dans «L'heure de vérité», à mi-chemin entre le roman policier et la politique fiction, écrit avec le même complice, il s'était déjà efforcé en 2007 de dévoiler les dessous impitoyables du monde politique.

Un talent également exercé dans Libération, quotidien de gauche, où il a tenu une chronique hebdomadaire de la campagne présidentielle. Il y croquait ainsi le 18 janvier 2017 Emmanuel Macron, «qui n'assume rien mais promet tout, avec la fougue d'un conquérant juvénile et le cynisme d'un vieux routier« : «Pour certains (...) il serait le fils naturel de Kennedy et de Mendès-France. On peut en douter. Le premier avait plus de charisme, le second plus de principes.»

(nxp/ats)

Trump et Macron auront un «long déjeuner» à Bruxelles

Le président américain Donald Trump et son homologue Emmanuel Macron auront un «long déjeuner» le 25 mai à Bruxelles, pour «comparer leurs opinions», a déclaré dimanche soir un haut représentant de l'administration américaine à l'AFP.

«Ce sont deux des leaders les plus récents sur la scène internationale», a affirmé un haut représentant de l'administration Trump, selon qui l'appel téléphonique récent entre les deux hommes se serait très bien passé.

(NewsXpress)

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