Libre circulation : Effets négatifs de l'immigration «très limités»

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Libre circulation Effets négatifs de l'immigration «très limités»

La libre circulation des personnes entre la Suisse et l'Union européenne (UE) a été bénéfique à l'économie et à la démographie.

Dans son rapport publié jeudi, le Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco) dresse un bilan généralement positif de l'immigration, mais il admet quelques effets négatifs, comme la hausse du chômage et la stagnation de certains salaires. Pour sa part, le syndicat Travail.Suisse dénonce la forte immigration, «alors que 200.000 personnes cherchent du travail en Suisse».

Le nouveau rapport sur la libre circulation avec l'Union européenne (UE) répète les bienfaits de l'accord en question. Les effets négatifs de l'immigration sur les travailleurs indigènes sont restés «très limités». Les entreprises suisses ont largement tiré parti de cette opportunité de recruter depuis neuf ans de la main-d'oeuvre provenant de la zone UE/AELE, et depuis 2006 des pays de l'Est entrés dans l'UE, qui représentent aujourd'hui 6% du solde migratoire total.

L'immigration répond à une demande de main-d'oeuvre des entreprises et ainsi reflète la situation économique du pays, relève le Seco. Avec la récession de 2009, le solde migratoire s'était contracté d'un quart. La reprise de 2010 l'a stabilisé et il se situe à un niveau élevé actuellement, avec un excédent de 67.000 personnes. L'immigration a permis, grâce à son impact positif sur la consommation et la construction, de soutenir la conjoncture.

Les travailleurs venant de l'UE sont en majorité bien ou très bien qualifiés et 51% possédaient en 2010 une formation de niveau tertiaire et étaient employés dans des professions où l'emploi avait progressé.

Le nombre des frontaliers a en revanche fortement augmenté, surtout dans l'arc jurassien, la région lémanique et en Suisse méridionale. La population résidente n'a été que faiblement touchée, car entre 2001 et 2008 la croissance de l'emploi a été supérieure à la moyenne. Toutefois, ces dernières années, on a observé une hausse du chômage dans les deux premières régions, ainsi que dans le nord-ouest de la Suisse.

Le Seco souligne que la «croissance supérieure à la moyenne des salaires de la main-d'oeuvre hautement qualifiée a été quelque peu freinée par l'immigration». Mais les bas salaires ont évolué au même rythme que les salaires moyens. Il y a toutefois un effet de frein sur les salaires des migrants faiblement qualifiés.

Enfin, l'immigration ralentit le vieillissement de la population suisse et allège ainsi les assurances du 1er pilier. Par contre l'assurance-chômage a vu ses coûts augmenter car les travailleurs saisonniers ont aussi droit aux indemnités.

Pour le syndicat Travail.Suisse, qui représente 170.000 travailleurs, «les employeurs jouent avec le feu». La forte immigration, 70.000 personnes en 2010, contraste violemment avec un taux de chômage de 4,2% en Suisse, soit 100.000 chômeurs et quelque 100'000 personnes désirant augmenter leur temps de travail, écrit le syndicat. (ap)

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