26.08.2020 à 10:50

ZurichSuppression massive de postes pour l’industrie MEM

La branche présente un tableau sombre à cause de la crise de coronavirus. Bon nombre d’emplois seront supprimés,

Il faut s'attendre à ce que la reprise n'intervienne que l'année prochaine et soit très progressive, selon Stefan Brupbacher, directeur de Swissmem.

Il faut s'attendre à ce que la reprise n'intervienne que l'année prochaine et soit très progressive, selon Stefan Brupbacher, directeur de Swissmem.

Keystone

L'industrie suisse des machines, des équipements électriques et des métaux (MEM) est touchée de plein fouet par les conséquences économiques de la pandémie. Les entrées de commandes, comme les chiffres d'affaires, ont lourdement chuté au deuxième trimestre. Il faut s'attendre à de vastes suppressions de postes au cours des mois à venir, a indiqué mercredi la faîtière Swissmem.

Au deuxième trimestre, les entrées de commandes ont chuté de 19,5% et les chiffres d'affaires de 19,7%. La pandémie est un nouveau coup dur pour le secteur, qui lutte dans un environnement difficile depuis 2018, notamment à cause du franc fort. Entre mi-2018 et mi-2020, la succursale a perdu environ 35,1% de ses entrées de commandes en volume.

Les exportations se sont quant à elles inscrites en répli de 24,6% et l'ensemble des catégories de produits a été concerné, en particulier la construction de machines (-17%), les métaux (-16,4%), les instruments de précision (-13,7%) et l'électrotechnique (-11,9%).

Brin d’optimisme

Certaines entreprises se présentent un peu plus optimistes, 22% tablant sur une progression des entrées de commandes de l'étranger au cours des douze prochains mois, contre 10% seulement au premier trimestre. Cependant, 51% s'attendent toujours à ce que la situation empire, contre 70% sur les trois premiers mois de l'année.

L'utilisation des capacités s'est établie à 80,9%, élargie inférieure à la moyenne de 86,4%. En juillet, elle a même chuté à 77%, selon les données du Centre conjoncturel KOF, atteignant un plancher similaire à ce qui avait été vu en 2009 lors de la crise financière. Le net repli des activités a touché de la même manière les petites comme les grandes entreprises, néanmoins, la situation s'est révélée contrastée selon les secteurs.

Conséquences sur l’emploi

Les perspectives à court terme ne sont pas non plus réjouissantes. D'ici les douze prochains mois, des suppressions de postes drastiques devraient ainsi avoir lieu. La pandémie aggrave en effet une situation déjà tendue: au deuxième trimestre, 319 600 personnes travaillaient pour le secteur MEM, soit 3200 de moins au premier trimestre.

Il faut s'attendre à ce que la reprise n'intervienne que l'année prochaine et soit très progressive. "Les entreprises seront forcées d'adapter leur base de coûts à la nouvelle réalité", prévient Stefan Brupbacher, directeur de Swissmem.

Seul l'indice des directeurs d'achat (PMI) laisse entrevoir une lueur d'espoir, au moins, avec une stabilisation à un bas niveau établi.

De solides conditions cadres

De plus, aucune vague de faillite n'est attendue par la faîtière, selon les déclarations du président Hans Hess en téléconférence. Les entreprises du secteur seraient en effet en mesure de résister à une réplique de 20% sur plusieurs trimestres. "Tant que les liquidités ne sont pas en danger, pas de vague de faillites à l'horizon", at-il insisté.

"La bonne nouvelle est que nous avons vraisemblablement atteint le plancher", estime-t-il, alors qu'il est toujours difficile de savoir comment se fera la reprise. Les conditions cadres restent solides en Suisse, raison pour laquelle aucune vague de localisation n'est escomptée.

Face à la petite taille du marché suisse, il est indispensable pour l'industrie MEM de nouer de nouveaux accords de libre-échange, plaide la faîtière, insistant sur l'importance des accords avec l'Indonésie et le Mercosur.

(ATS/NXP)

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