Actualisé 22.04.2008 à 09:23

Elections américaines: défaite interdite pour Clinton en Pennsylvanie

Après six semaines sans vote dans le processus des primaires américaines, Barack Obama et Hillary Clinton s'affrontent de nouveau dans les urnes en Pennsylvanie.

La défaite est interdite pour Mme Clinton si elle veut conserver une chance d'être investie par le Parti démocrate.

L'ex-Première dame est donnée favorite par les sondages dans cet Etat de la côte Est. Elle doit l'emporter ce mardi avec une large avance sur le sénateur de l'Illinois pour inverser la tendance parmi le vote populaire et les «super-délégués» et repousser les appels au retrait de sa candidature qui se font de nouveau pressants.

«Nous devons vraiment foncer. Le dernier jour, c'est ici, et le monde entier nous regarde», a-t-elle dit lundi soir lors d'une réunion de campagne à Scranton, ville à forte population ouvrière où son père a grandi. «Ce qui importe aujourd'hui et demain, c'est que nous retournions le vote», a-t-elle ajouté.

Les opérations de vote prendront fin mardi à 20h00 (02h00 jeudi en Suisse). Les premiers résultats devraient être rapidement connus.

Vitesse supérieure

M. Obama et Mme Clinton, qui se disputent le droit d'affronter le républicain John McCain à la présidentielle de novembre, ont passé la vitesse supérieure.

L'équipe de campagne de la sénatrice de New York a diffusé un spot publicitaire la présentant comme la mieux à même d'assumer «le travail le plus difficile au monde». Des images d'Oussama ben Laden, le chef d'Al Qaïda, et des dégâts provoqués par l'ouragan Katrina à La Nouvelle-Orléans illustrent le message.

La publicité insiste sur les difficultés de l'époque: guerres en Irak et en Afghanistan, flambée du pétrole et économie en crise. «Si on ne supporte pas le chaud, il faut sortir de la cuisine», poursuit le message en reprenant une phrase célèbre du président démocrate Harry Truman.

Ben Laden

Hillary Clinton s'en est elle-même servie la semaine dernière pour tenter de décrédibiliser son rival.

M. Obama, qui achève son premier mandat de sénateur, n'a pas répliqué. Mais son porte-parole de campagne, Bill Burton, a relevé la présence de Ben Laden dans la publicité de Mme Clinton et n'a pas manqué d'établir un parallèle avec George W. Bush.

«Il est ironique de voir qu'elle emprunte les tactiques du président dans sa propre campagne et invoque Ben Laden pour marquer des points. Nous avons déjà un président qui joue la politique de la peur, nous n'avons pas besoin d'une autre», a-t-il dit.

M. Obama, lui, a remisé les attaques qu'il multipliait ces derniers jours contre Mme Clinton pour concentrer ses interventions sur les préoccupations quotidiennes des électeurs: le pouvoir d'achat, la fiscalité et l'emploi.

A Blue Bell, en périphérie de Philadelphie, il a affirmé lundi que les «démocrates (étaient) pratiquement unis autour de certaines idées» comme la volonté d'offrir une couverture maladie universelle et de lutter contre le réchauffement climatique.

Barre minimale

Selon un décompte MSNBC, M. Obama dispose pour l'instant du soutien de 1653 délégués, Mme Clinton de 1513.

Si ni l'un ni l'autre n'atteint la barre minimale des 2025 soutiens - ce qui est probable -, il reviendra aux 800 «super- délégués» démocrates (élus, cadres du parti) de faire basculer dans un camp ou dans l'autre la convention du parti, en août à Denver.

Mme Clinton espère qu'une large victoire en Pennsylvanie et une solide performance dans les neuf dernières primaires qui suivront convaincront les «super-délégués» qu'elle est mieux placée que M. Obama pour s'imposer dans les Etats qui feront la différence le 4 novembre.

(ats)

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