Actualisé 22.11.2014 à 22:26

Bahreïn

Elections boycottées par l'opposition chiite

Les Bahreïnis ont élu samedi leurs députés avec un taux de participation de 51,5% selon les autorités. Cela malgré les appels de l'opposition au boycottage des premières élections générales depuis 2011.

Le Bahreïn votait, ce samedi.

Le Bahreïn votait, ce samedi.

«Le taux de participation aux élections législatives a été de 51,5%», selon les premières estimations, a annoncé le ministre de la Justice, cheikh Khaled Al-Khalifa, également président de la haute commission électorale.

Se félicitant d'un scrutin «historique», le ministre a indiqué que les Bahreïnis «prouvent qu'ils pourront aller de l'avant dans une nouvelle phase politique».

Le chef du principal groupe de l'opposition chiite, cheikh Ali Salmane, avait prédit un taux de participaion ne dépassant pas 30%.

Scrutin prolongé

Au terme d'une campagne terne des candidats, pour la plupart sunnites, la majorité chiite s'était fortement mobilisée pour assurer la réussite du boycott. L'opposition ne cesse de dénoncer la «répression» et milite en faveur d'une «véritable monarchie constitutionnelle».

A deux heures de la clôture du scrutin, prolongé de deux heures, un bureau de vote d'une circonscription de Sanabes, village chiite à l'ouest de Manama, n'avait accueilli qu'environ 10% des inscrits, a indiqué un observateur d'une ONG locale.

Heurts

Dans le centre de Sanabes, des heurts ont opposé en fin d'après-midi de jeunes protestataires - certains masqués et armés de cocktails Molotov - aux forces de sécurité. Déployées en nombre autour du village, ces dernières ont tiré des gaz lacrymogènes, a constaté un journaliste de l'AFP.

Des incidents similaires se sont produits dans d'autres villages chiites, selon des témoins. Des pneus enflammés formaient des colonnes de fumée au-dessus de certains quartiers d'au moins trois villages survolés par un hélicoptère de la police.

«Mascarade»

Dans un communiqué, l'opposition a salué «les électeurs qui ont boycotté» un scrutin loin de «régler la crise politique». Des dissidents ont qualifié les élections de «mascarade». Cheikh Ali Salmane a exigé la fin du «monopole du pouvoir» exercé par la dynastie sunnite des Al Khalifa, faute de quoi il pourrait y avoir une nouvelle «explosion» de violence.

Dans la précédente législature élue en 2010, 18 députés du Wefaq s'étaient retirés en 2011 pour protester contre la «répression».

2e tour samedi prochain

Outre les législatives, des municipales étaient aussi organisées le même jour. Un deuxième tour est prévu samedi prochain.

Au total 349'713 électeurs inscrits étaient appelés à choisir 39 députés de la Chambre parmi 266 candidats, dont 23 anciens parlementaires. Un candidat chiite a été élu d'office après le désistement du seul autre candidat de sa circonscription. (ats/afp)

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